Non, il ne s’agit pas de vous dédoubler ! Mais bien de vous supplémenter en compléments alimentaires…Il y a des jours où vous vous levez avec une pêche d’enfer pendant la grossesse, et d’autres où ce n’est pas du tout ça …perte de tonus, fatigue, crampe, coup de pompe, douleurs, petite déprime… Bref, à part vous lamenter sur votre sort à grand renfort de « j’me sens pas bien, j’sais pas ce que j’ai », existe-t-il d’autres solutions ? Et si les compléments alimentaires pouvaient résoudre vos petits tracas. Explications avec Michel De Sarrieu, Directeur Scientifique de Fleurance Nature*.

Grossesse et médication naturelle

Pendant ma grossesse, je paniquais à chaque fois que j’avais un bobo, car en lisant toutes les notices de mes médicaments il y avait la fameuse mention « contre-indiqué pour la femme enceinte et allaitante ». Grrrr. Et puis c’est vrai aussi que je faisais attention à ne pas intoxiquer bébé de substances chimiques (bon le Kinder Bueno, ça compte pas, hein !), et du coup je préférais le naturel. A moi, les remèdes de grand-mère pour venir à bout des maux de crâne, aigreurs d’estomac, mal de dos et autres réjouissances.

Mais qu’en était-il lorsque je devais faire face au gros coup de pompe de la mi-journée, ou bien mes crampes du matin (mon dieu comme c’est douloureux et surprenant, mon chéri paniquait toujours en me voyant me tortiller dans tous les sens) ? Naturellement mon médecin m’a alors orientée vers les compléments alimentaires pour me soulager sans prendre de risques pour ma grossesse. Car rappelons le, les compléments alimentaires ne sont pas des médicaments, il s’agit d’utiliser des aliments naturels qui contiennent la juste dose de nutriments qui n’est pas, ou pas assez, apportée par l’alimentation.

Ainsi, pour faire simple, en théorie, si on s’alimente de façon très équilibrée, on ne devrait pas avoir de besoins ou carences particulières, mais nos modes de vie, la nourriture industrielle, et aussi les besoins plus accrus de la grossesse (bah oui, le bébé « pompe » pas mal des nutriments pour lui, le coquin !), font qu’une supplémentation peut-être nécessaire.

Quels compléments alimentaires au service du bien-être ?

M. De Sarrieu le rappelle :

« Il est important de souligner qu’il n’y a généralement pas de carences constatées dans nos pays occidentaux spécifiques à la femme enceinte. Par contre, il y a fréquemment des déficits d’apports suffisamment significatifs pour entrainer ou risquer d’entrainer certains désordres susceptibles d’affecter le fœtus. Généralement tous les besoins en nutriments (macro et micro nutriments) sont accrus. »

Bip. Petite pause explicative.

  • Les macronutriments : sont les sources-clés de l’énergie, nécessaires pour le fonctionnement du corps. Ce sont les protides d’origines animales ou végétales (poisson, lait, soja…), les glucides simples ou complexes (sucre, miel, pâtes…) et les lipides simples, complexes ou dérivés (huile, beurre, vinaigrette…)
  • Les micronutriments : ne sont pas fabriqués par l’organisme et sont essentiels pour limiter les problèmes de santé. Ce sont les vitamines hydrosolubles (vitamine C) ou liposolubles (vitamine A), les minéraux (calcium, magnésium), oligo-éléments (fer, sélénium) et les phytonutriments polyphénols (raisin noir) ou caroténoïdes (carotte).

On reprend.

Prenons l’exemple des protéines.

Une femme a généralement besoin de 0,75 g de protéines par kg de Poids Corporel (kg-PC) et par Jour (J). Au cours de la grossesse, le besoin passe de 1,3 g/kg-PC/J au premier trimestre de grossesse à 6,1 g/kg-PC/J au deuxième trimestre et à 10,7 g/kg-PC/J au troisième trimestre !

On constate que si les apports sont augmentés, dans nos pays ils sont largement dépassés et majoritairement en protéines animales. Pour ma part, j’avais au contraire, très fortement diminué ma consommation de viandes pendant la grossesse, surtout les viandes rouges qui m’écœuraient.

Mais il n’en est pas de même pour certains micronutriments.

Généralement, on retrouve les mêmes manques chez les femmes enceintes.

  • Le fer : si vous vous sentez particulièrement très fatiguée, lassée, en perte de productivité pour tout, et que vous avez du mal à vous concentrer, c’est que vous êtes sûrement en déficit de fer, qui est plutôt fréquent lors du premier trimestre de grossesse. Pour ma part, j’ai pris des compléments alimentaires tout le long des 9 mois. Le déficit doit être pris au sérieux, vous ferez de toutes façons des prises de sang, car la carence grave peut aller jusqu’à des risques d’accouchement prématuré…heureusement rares. Inutile de paniquer les filles !

Un apport supplémentaire en fer est conseillé seulement aux femmes ayant une alimentation très pauvre en fer (viande, poisson), ainsi que celles qui ont des grossesses répétées ou ayant eue des hémorragies importantes.

N.B : aucune étude n’a démontré qu’une mère ayant un déficit en fer aurait un enfant déficient en fer. L’absorption intestinale du fer au cours de la grossesse est considérablement accrue.

  • Le calcium : si vous sentez des fourmillements et des crampes musculaires plus que d’habitude, la paupière qui saute (à ce qu’il parait…), ou bien vous sentez que votre cœur bat plus vite de temps en temps, c’est qu’il vous manque sûrement du calcium. Le calcium est particulièrement important lors de la grossesse car c’est le nutriment qui se fixe sur le squelette de votre bébé et permet sa croissance. C’est pourquoi, vous en avez d’autant plus besoin ! Et puis comme on mange moins de produits laitiers (out le fromage, et le lait peut donner des nausées), et bien fatalement, on en manque.
  • L’acide folique (ou vitamine B9) : est une vitamine qui aide à faire croître et à protéger les cellules de l’organisme. Elle est donc très importante lors de la grossesse, puisque vous allez en produire un paquet de cellules, hi hi hi ! On la retrouve surtout dans les légumes verts feuillus. Généralement, on la prescrit avant la conception (environ 1 mois si possible) pour limiter le risque d’anomalies congénitales.
  • La vitamine D : c’est la vitamine du soleil ! Oui, mais justement on nous dit assez, que durant la grossesse il ne faut pas s’exposer car masque de grossesse, risque de problèmes circulatoires et tout et tout. Et pour celles qui sont enceintes en hiver, forcément la vitamine D est en manque aussi. Alors la supplémentation en vitamine D est la plus logique et facile. Elle est même systématiquement recommandée lors du dernier trimestre, pour éviter les hypocalcémies néonatales.
  • La vitamine C : vous êtes fatiguée, épuisée, faible, vous tombez malade plus souvent, vous sentez vos défenses immunitaires beaucoup moins résistantes…Pas de doute, vous êtes en manque de vitamine C. Bien sûr il y a l’alimentation qui peut vous aider ( pensez aux baies, choux, kiwi, melon, poivron, ananas, et même pommes de terre !). Sinon, prenez une petite pastille de vitamine C par jour et vous serez d’aplomb pour mieux supporter la journée. La gelée royale est tout aussi efficace.
Existe-t-il des contre-indications ?

Michel De Sarrieu est très clair sur la question :

« Il n’y a aucune contre-indication particulière pour les vitamines et minéraux chez la femme enceinte. Seules les plantes sont généralement  déconseillées par manque d’étude spécifique chez la femme enceinte ou allaitante, même si nombreuses peuvent s’avérer efficaces. La sécurité prime. »

Et n’oubliez pas chères MTB, le meilleur apport pour votre organisme est exclusivement à travers votre alimentation. Profitez des beaux jours pour vous concocter un maximum d’assiette colorée, vive les fruits et les légumes sous toutes leurs formes. C’est bon pour vous, le bébé et le moral !

N’hésitez pas à faire part de vos astuces, avis ou questions sur ce sujet. On compte sur vous !

* Spécialiste du complément alimentaire et cosmétique bio www.fleurancenature.fr
Crédit photo : Fleurance Nature

 

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