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Être une maman taille XXL : le témoignage de Magalie

Par justine
Être une maman taille XXL : le témoignage de Magalie

La diversité a toujours été une grande priorité pour Mum-to-be Party dans toutes nos actions et se reflète jusque dans nos Rencontres, où nous réunissons toutes les couleurs de peaux, de nationalités comme de gabarit. Nous constatons pourtant que pour les mamans taille XXL, le chemin de la maternité est semé d’embûches et de déconvenues : ne pas trouver l’habit ou l’accessoire adéquat, ne pas se sentir suffisamment soutenues dans leur désir d’enfant…et évidemment représentées. Magalie a souhaité partager son témoignage de future et désormais jeune maman en surpoids, qui s’inscrit dans le mouvement de body positivisme et redonne plein d’espoir pour que les mentalités changent enfin !

Trouver habit à sa taille

Même si les femmes peuvent (très) bien vivre leur surpoids, ces quelques kilos deviennent rapidement discriminants. Dans l’industrie de la mode premièrement avec une grande majorité de marques qui ne proposent pas de produits au-delà de la taille 44. Le choix est souvent restreint pour s’habiller. Il faut cependant saluer les quelques marques françaises qui proposent une large gamme de tailles (La Redoute, La Halle, Kiabi ou encore Les 3 Suisses). Et plus récemment la marque de prêt à porter et de prêt à coudre de Lisa Gachet, Make My Lemonade, qui vend certains modèles jusqu’au 48.

Si s’habiller quand on fait une taille 50 est parfois, voire souvent, un casse-tête il est aussi compliqué lorsqu’il s’agit de pratiquer certains sports / activités, de voyager mais également quand une femme souhaite devenir mère, comme nous le rappelle Magalie ci-après.

Les femmes en surpoids encore peu représentées

Aujourd’hui combien de femmes représentées sur les réseaux sociaux, à la télévision ou encore dans le show-business avec une taille plus size ? Pas suffisamment ! Celle qui incarne et prône depuis de nombreuses années ce body positivisme c’est Stéphanie zwicky, fondatrice de le blog de Big Beauty, jeune maman de deux enfants qui arbore une taille 50. Grâce à son blog et ses réseaux, Stéphanie a pu créer une collaboration inclusive avec La Halle et a réalisé son rêve de créer 10 pièces du 36 au 60 !

Les mentalités commencent à évoluer à l’image des grandes enseignes qui affichent des mannequins non retouchés ou font appel à des mannequins ne faisant pas une taille 34 ou 36. Les récents défilés vont dans ce sens : la “All Size Catwalk” à Paris a vu des centaines d’hommes et de femmes défiler en sous-vêtements. Toutes les morphologies étaient représentées, comme au défilé Etam à Roland Garros mardi 24 septembre ou au défilé Savage x Fenty (marque de la chanteuse Rihanna) à New-York.

Le témoignage de Magalie, maman en surpoids

Son message nous a touché il y a quelques mois lorsqu’elle nous a interpellé via notre Fan Page sur le peu de visibilité donnée aux mamans en surpoids. Car Magalie s’est souvent trouvé démunie et aimerait que d’autres mamans se sentent moins seules dans ce parcours parfois du combattant pour s’habiller, s’équiper mais aussi se faire accompagner.

Je m’appelle Magalie. J’ai 39 ans, je suis mariée et maman d’un petit garçon qui a aujourd’hui 7 ans. Je suis ce qu’on appelle une femme en surpoids. Plus que ronde, je m’habille généralement en taille 48, voire 50. Mon parcours pour avoir un enfant a été compliqué et long.

En 2009 je suis tombée naturellement enceinte après deux ans de tentatives. Grossesse qui malheureusement s’est soldée par une interruption médicale de grossesse à 6 mois. La faute à un retard de croissance intra utérin lié à une anomalie génétique jamais détectée chez moi auparavant. En 2012, contre toute attente et en dépit des pronostics de certains médecins, j’ai accouché un peu plus tôt que prévu d’un adorable bébé, le plus beau cadeau que j’ai jamais eu.

Le suivi et l’accompagnement médical quand on est une femme en surpoids

Une sage femme : « oh la là vous avez pris bien trop de poids vous avez trop de vergetures il faut faire attention ! ». Une infirmière : « vu votre poids et votre gabarit c’est sur vous allez forcément faire du diabète gestationnel ». Un interne aux urgences : «  au moins vu la taille de votre bassin vous n’aurez aucun souci pour accoucher par voie basse. Le passage est suffisamment large ». Un médecin « spécialiste » de la PMA : « vu votre poids vos chances d’avoir un enfant naturellement sont nulles et je ne vous prends pas en PMA vu votre faible chance de succès. Il faut faire d’autres projets »… Toutes ces phrases (et tant d’autres) qui font beaucoup de mal et qui me semblent être superflues surtout venant de soignants dont on attend notamment de la bienveillance.

Il serait aberrant de nier qu’une femme en surpoids a plus de difficultés pour tomber enceinte et rencontre des difficultés plus importantes pour accoucher. Pour ma part j’en ai toujours été pleinement consciente. Mais voilà, je suis avant tout une femme avec un vrai désir de maternité et un vrai besoin d’être entourée et conseillée. Avec un minimum de respect pour ma particularité. Les jugements de valeur de certains intervenants du personnel médical m’ont particulièrement blessée. Et si je n’ai pas hésité à dire ce que je pensais, j’imagine que d’autres femmes dans le même cas que moi n’ont peut être pas osé.

Je mentirais si je disais que tous se sont mal comportés. Au contraire, le gynécologue qui a suivi ma grossesse (pour ne citer que lui) a été plus que bienveillant. Il m’a simplement dit lors de la première consultation qu’avec le poids que je faisais, je ne devais pas prendre beaucoup de kilos pendant ma grossesse pour éviter des complications supplémentaires. Mais si j’avais besoin d’un accompagnement complémentaire, il me faisait confiance et ne m’embêterait pas avec ça. Et il s’y est tenu : il m’a traitée comme une patiente normale, en prenant simplement en compte mon parcours médical et gynécologique compliqué.

Malgré les nombreuses turpitudes de cette grossesse (dont la gestion de mon surpoids n’est finalement qu’un aspect parmi d’autres), c’était 7,5 mois de bonheur presque absolu.

Je voudrais dire aux femmes dans ma situation de ne pas accepter de se faire malmener à cause de leur surpoids. Qu’elles osent dire « merde » quand il le faut et qu’elles obtiennent le même accompagnement que toutes les femmes. De choisir autant que possible des personnes bienveillantes et respectueuses. Qui ne sont ni dans le jugement ni dans la critique facile. Chacune de nous a son parcours mais il n’est jamais superflu de rappeler qu’avant tout nous sommes des femmes comme les autres

S’habiller et s’équiper quand on est enceinte et en surpoids

En préambule je tiens à préciser que je ne suis pas une grande fan de mode ni de shopping. Je m’habille dans les enseignes grand public dont les modèles me conviennent (quand il y a ma taille) et conviennent aussi à mon porte-monnaie.

En temps normal déjà trouver un pantalon ou une tenue un peu jolie dans ma taille peut s’avérer parfois une vraie expédition. Enceinte, j’ai eu énormément de mal à en venir à bout. Pour certaines choses, comme un simple pantalon de femme enceinte à ma taille, je n’ai même pas réussi a trouver mon bonheur !

Voici le souvenir d’une journée de shopping à la recherche notamment de ce pantalon. Je précise tout de suite que je cherchais un pantalon pour tous les jours qui ne soit ni trop « relax », ni trop habillé. Et que ce ne soit pas un survêtement ni un legging. Je me souviens encore des réactions dans 3 enseignes successives :

Dans la première (Kiabi) on me répond que oui la gamme maternité va jusqu’au 50 (youpi) mais qu’en magasin ils ne disposent que des tailles normales jusqu’au 44 maximum. Mais que les autres tailles peuvent éventuellement être commandées sur internet… Très pratique pour les essayages…

Seconde enseigne (les aubaines de La Redoute), accueil encore plus agréable… Je demande à la vendeuse si le magasin dispose d’un rayon pour femmes enceintes. La réponse ne se fait pas attendre avant même que je ne mentionne ma taille : « vu votre taille vous ne trouverez rien ici on ne fait que les tailles normales », tout en me scrutant de haut en bas comme si j’étais une bête curieuse. Je me suis empressée de lui remettre tous les petits vêtements de bébé que j’avais trouvé avant de quitter ce magasin et de ne jamais y remettre les pieds.

Troisième enseigne (H&M). Là c’est simple, l’offre existe mais pas dans les magasins du centre ville. C’est une question d’image et de clientèle. Il faut aller dans les boutiques des centres commerciaux. Je n’ai pas de centres commerciaux à proximité et par principe ça sera non également pour ce magasin.

La bonne idée : faire ses vêtements sur-mesure !

Ce fut donc le parcours du combattant. Je n’ai pas insisté pour le pantalon. J’ai gardé les miens mais en ne les fermant pas à cause de mon ventre et en ajustant des tuniques longues. Je me suis rabattue sur les robes que j’ai plus portées qu’à mon habitude. Ce qui m’a beaucoup aidé, c’est la chance d’avoir une tante couturière ! Pour le mariage de mon frère lors de la dernière ligne droite de la grossesse trouver une robe de cérémonie à ma taille était impossible. J’ai donc eu le droit à une robe sur mesure et unique !!!

J’ai voulu investir dans un porte bébé ou une écharpe de portage. L’écharpe a été un échec. Oui elles sont longues mais pas assez pour mon gabarit pour accrocher solidement toute seule un nouveau né. Pour le porte bébé ça n’a pas été simple. Le problème étant que les sangles de réglage ne permettaient pas un ajustement suffisant pour moi. J’en ai essayé plusieurs et j’ai fini par en trouver un seul avec des attaches bien longues et confortables.

Alors voilà, si je devais lancer un message aux enseignes c’est :

Pensez à nous ! Ne nous cantonnez pas aux vêtements amples et informes pour nous cacher aux yeux de tous. Nous aussi on veut pouvoir se trouver jolies enceintes. Et sans devoir faire un crédit de 10 ans pour le moindre achat. Dans les bureaux de conception, demandez l’avis de femmes rondes, adaptez des modèles qui nous conviennent. C’est sans doute moins facile mais je suis certaine de ne pas être là seule à avoir galéré. Je n’ai pas honte d’être grosse, ce n’est pas facile tous les jours mais je suis une femme et j’ai envie de pouvoir être considérée comme telle tous les jours et même pendant ma grossesse !

Que fait-on maintenant ?

Ce témoignage nous fait réfléchir en tant que site en ligne sur les références que nous proposons et bien sûr les tailles. Mum-to-be Party a d’ailleurs été la première boutique à proposer dès 2013 de la lingerie pour poitrine généreuse et maintenant des maillots de bain de grossesse pour poitrine généreuse et des maillots de bain post accouchement pouvant couvrir jusqu’aux bonnets H. Et dès la création de notre SHOP nous avons photographié “vraies” mamans qui ne rentrent pas dans du 36 et/ou qui ont une forte poitrine. Merci à Géraldine et à Emilie qui ont été de merveilleuses ambassadrices et qui ont osé, aussi à cette époque où le body positivisme de faisait pas foi, montrer leur vrai corps, en rondeur, avec vergetures.

Des futures et jeunes mamans plus représentatives selon nous de la société et de notre communauté. Néanmoins nous sommes confrontées à une offre qui reste limitée chez les marques spécialisées pour les futures et jeunes mamans. Sans oublier la demande, elle aussi limitée, qui ne nous permet pas d’acheter comme d’écouler la marchandise en grande quantité. Bref, tout n’est pas aussi simple qu’on le souhaiterait mais nous pouvons tous, producteurs, revendeurs, médias nous améliorer !!

Merci à Magalie pour son témoignage

Magalie
Qui suis-je ?

Je m’appelle Magalie. J’ai 39 ans, je suis mariée et maman d’un petit garçon qui a aujourd’hui 7 ans. Je suis ce qu’on appelle une femme en surpoids. Plus que ronde, je m’habille généralement en taille 48, voire 50. Mon parcours pour avoir un enfant a été compliqué et long.

Mon mantra "les mauvais moments sont faits pour apprécier encore plus les belles choses de la vie" 

credit photo en-tête @levysfriends

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