Quoique répandue, l’épisiotomie n’est pas anodine et reste une intervention chirurgicale. Ainsi il est préférable de connaitre tous les gestes pour guérir cette incision du périnée et vous assurer la meilleure des cicatrisations. Nos conseils d’experts.

Pourquoi ça fait mal ?

Malgré la loi Kouchner de 2002 qui préconise le consentement éclairé des patients pour toutes interventions chirurgicales, l’épisiotomie reste le chat noir sur les tables d’opération. Selon Marlène Schiappa, la secrétaire d’état à l’égalité entre les femmes et les hommes, l’épisiotomie serait même considérée comme une violence obstétricale lorsqu’elle n’est pas consentie. Elle commande un rapport au Haut Conseil à l’Egalité dans ce sens d’ailleurs. Ce n’est donc pas un sujet à prendre à la légère et on se fiche pas mal de votre copine qui vous dira : « oh ça va, tu n’es pas la première, tu ne seras pas dernière, c’est rien une épisiotomie ! ». Peut-être qu’à l’instant où vous nous lisez, vous vous sentez dans la même situation que nos deux mamans.

Nadia, maman d’un petit garçon de 4 ans

« A la suite d’un accouchement ultra long de 96 heures, j’ai eu une épisiotomie inévitable de 17 points de suture à l’intérieur et 14 l’extérieur. J’ai eu très mal, car j’ai senti le médecin me recoudre lors de l’intervention. Jamais je n’aurais pensé surmonter cette douleur, mais au final, avec l’euphorie de la naissance, la cicatrice me paraissait tellement secondaire. Les jours d’après, ma sage-femme venait à domicile pour me nettoyer ma plaie et vérifier que ça se refermait bien. J’avoue que pendant plusieurs jours j’avais très mal quand je rigolais et je pouvais à peine marcher. Puis progressivement la douleur était moins présente jour après jour. Si bien qu’un mois après, ça allait beaucoup mieux. Ce n’est qu’aujourd’hui que je réalise le côté exceptionnel de ma situation et à quel point ce n’était vraiment pas rien ce que j’ai subi ! Mais bon si c’était le passage obligé pour avoir mon fils chéri je le referai dix fois ! »

Emilie, maman de Gabriel, 5 mois

« C’est bien simple, je n’ai strictement rien écouté des recommandations d’usage, j’étais tellement terrorisée à l’idée que la plaie ne s’ouvre à nouveau. Comme je saignais beaucoup je ne savais pas si c’était normal ou si c’était lié à ma cicatrice, alors j’ai préféré attendre et ne pas trop toucher l’épisiotomie. A la première douche (froide pour ne pas ramollir les tissus) je n’ai absolument pas frotté, j’ai juste effleuré la zone. Je mettais des shorty en coton avec des serviettes hygiéniques en coton aussi pour éviter l’adhérence des fils au tissu. Le plus dur c’était de se lever et se baisser les premiers jours. J’ai aussi beaucoup redouté le premier rapport. Mais finalement tout est rentré dans l’ordre progressivement et au bout d’une quinzaine de jours, la question de l’épisiotomie était déjà loin derrière… »

Une bonne nouvelle : la zone périnéale cicatrise souvent très bien. Il est très rare de voir des complications, comme l’éclatement d’un point de suture ou une inflammation. Il faut toujours veiller à la bonne suture de la zone et à suivre les conseils d’usage pour éviter une infection. En revanche cette cicatrisation peut-être douloureuse pendant quelques jours à semaines, compte tenu de l’emplacement qui rend la zone très inconfortable.

Alors voilà comment mettre toutes les chances de votre côté pour que ça se passe bien…

La gestion de la douleur

Il est tout à fait préconiser de prendre des antalgiques si vous sentez une douleur sur cette nouvelle cicatrice. Plus vous prendrez les médicaments tôt, plus vous agirez en prévention et ne laisserez pas la douleur s’installer. Le personnel médical (sage-femme, gynécologue…) vous prescrira des médicaments plus ou moins forts en fonction de votre allaitement aussi.

Généralement les fils sont résorbables, ce qui est assez pratique, puisqu’il ne sera pas nécessaire de tirer dessus pour les décoller. Une simple surveillance quotidienne de l’état de la plaie sera effectuée lors de votre séjour en maternité et dans les 10 jours post-accouchement par une sage-femme qui peut se déplacer à domicile (pris en charge par votre sécurité sociale). Cependant les fils résorbables ont tendance à s’assouplir avec les tissus donc la cicatrisation est un peu plus longue.

Si ce sont des fils non résorbables, dès le cinquième jour après l’accouchement ils seront enlevés et vous serez soulagées instantanément car vos tissus ne tireront plus sur la zone. Il convient juste de bien vérifier quotidiennement que la plaie ne s’ouvre pas à nouveau. Normalement au bout de huit jours, il ne devrait plus y avoir de douleurs, mais une simple gêne. Si c’est encore le cas, alors consultez rapidement votre sage-femme ou médecin qui vérifiera s’il n’y a pas d’œdèmes, d’hématomes ou d’infection de la plaie. Si tout va bien à l’extérieur mais que vous sentez tout de même une gêne, alors n’hésitez pas à aller voir un ostéopathe qui travaillera sur les adhérences internes. Dans tous les cas, ne vous dites pas que la douleur est une fatalité et ne la laissez pas trainer.

Les soins au quotidien
  • Prenez une douche matin et soir, sans faire de bain car votre col de l’utérus n’est pas tout à fait refermé
  • Après chaque miction, vaporisez sur la zone vulvaire et périnéales des brumisateurs d’eau thermale qui activeront la cicatrisation (ou lavez avec du sérum physiologique)
  • Tamponnez la plaie avec des compresses stériles enduites de bétadine dans les premiers jours puis avec de l’éosine aqueuse à 2%. Séchez bien avec des compresses. Contrairement aux idées reçues ne pas utiliser un sèche-cheveux
  •  L’homéopathie peut activer la cicatrisation : prenez 5 granules d’Arnica 9 CH et de Staphysagria 5 CH matin et soir
  • En cas de douleurs persistantes après trois jours, préparez des cataplasmes d’argile verte concassée délayées avec de l’eau froide
  • Dès que la cicatrice est bien refermée, utilisez pour vous laver un produit nettoyant spécial hygiène intime sans savon et veillez à ne pas réaliser de douches vaginales
  • Pour favoriser la cicatrisation, vous pouvez masser votre cicatrice avec un produit de type Cicalfate ou avec votre huile de massage du périnée. Il est bon de savoir que la kiné ou sage-femme qui vous aura suivi pendant votre grossesse pour préparer votre périnée à l’accouchement (avec l’appareil EPI-NO notamment) vous proposera peut-être de vous guider dans ces massages au quotidien en post partum dans le cadre de votre rééducation. N’hésitez pas à en parler !
La recette du cataplasme d’argile pour apaiser

Mélangez des cailloux d’argile verte dans de l’eau de source pour constituer une pâte épaisse. Ouvrez deux compresses en grand et déposez la pâte. Appliquez le cataplasme sur la plaie que vous changerez toutes les deux heures.

Les produits reconfortants

Vous pouvez retrouver sur notre Boutique différents soins et sous-vêtements naturels pour vous accompagner dans cette délicate période post partum et prendre soin de votre périnée et votre zone intime.

N’hésitez pas à partager vos conseils pouvant aider nos Mums à se sentir mieux, tout comme vos questions.