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Dépression post partum : et si votre placenta était la solution ?

Mère avec bébé rencontrant une spécialiste du placenta en gélules après l'accouchement.

Accoucher, récupérer et recycler son placenta, puis le consommer en gélules ou en granules. Vous ne rêvez pas, cette pratique ancestrale chinoise revient au « goût » du jour en Europe, mais reste très encadrée en France.

La « placentophagie » est une pratique de plus en plus courante aux États-Unis et en Angleterre, qui consiste à consommer son placenta après l’accouchement. Cet organe  éphémère développé lors de la grossesse apporte à l’embryon tout ce dont il a besoin (nourriture, eau, oxygène, protection). Il serait riche en hormones et en nutriments.

Les mammifères le font depuis toujours et la placentophagie a été étudiée par de nombreux scientifiques et anthropologues. Elle aurait de nombreux bénéfices santé et les mamans qui l’ont testé y voient une grande source de fer et de vitamine B12, une augmentation de la production de lait pour l’allaitement, mais aussi un remède contre la dépression post-partum.

Des stars anglaises et hollywoodiennes comme January Jones (de la série Mad Men) ou Kim Kardashian s’y adonnent et partagent volontiers sur les réseaux sociaux leur cure post natale. En Angleterre, Danielle Kinney a créé Placenta Plus qui propose un kit d’encapsulation du placenta en gélules à partir de 200 pounds ainsi que des produits de soins à base de placenta.

Placenta Plus ou la prévention de la dépression post-natale

Danielle a créé Placenta Plus après être tombé en grave dépression suite à la naissance de sa fille. Convaincue d’une alternative naturelle aux anti-dépresseurs qu’elle a pris pendant 18 mois durant toutefois, elle s’est intéressée à cette technique de micro-encalpsulation du placenta déjà populaire aux Etats-Unis. Incapable de trouver une clinique qui puisse réaliser ce traitement personnalisé, elle a décidé de se spécialiser dans ce service en Angleterre.

Souvent les mamans se demandent comment ça marche : dès que la maman est en travail à la maternité, le conjoint appelle Placenta Plus qui vient récupérer le placenta (qui aura été introduit dans un petit sac à cet effet par la sage-femme) et assure son transport jusqu’au laboratoire dans la glace, puis il est nettoyé, coupé, séché et moulu. Placenta Plus propose aussi un traitement selon les préceptes de la médecine traditionnelle chinoise qui consiste à cuire à la vapeur avant de sécher le placenta, et ce pour apporter de la chaleur à la nouvelle maman qui lui fait soudain terriblement défaut.

La petite poudre produite dans des conditions parfaitement stériles n’a aucun goût, mais Placenta Plus a décidé de parfumer légèrement car certaines mamans étaient dubitatives sur le goût naturel. Elle se consomme de fait dès l’accouchement pour contrebalancer le déficit brutal hormonal.

Placenta Plus rappelle que le placenta reste légalement la propriété de la maman, donc vous êtes libres de vouloir le conserver.

Quid de la France ? On commence tout juste à en parler et de toute manière, la législation en vigueur n’y est pas favorable. Selon l’Agence de la Biomédecine, « aucun établissement n’est autorisé à ce jour à fabriquer, commercialiser et/ou conserver des gélules de placenta sur le territoire français ». Ainsi contrairement aux sage-femmes anglo-saxones, le personnel médical français n’est pas autorisé à récupérer et donner le placenta à une patiente.

Car cette pratique, aussi encadrée soit-elle dans son process de fabrication où il est indispensable de ne pas rompre la chaîne du froid, n’est pas sans danger. Ainsi si le placenta présente un cas infectieux, l’encapsulation ne permet pas d’éliminer les agents pathogènes, qui peuvent alors se retrouver dans les capsules, et en cas d’allaitement, dans le lait maternel. Un risque donc certain pour les bébés allaités.

Un autre méthode, également interdite en France, l’isothérapie placentaire, consiste à fabriquer un traitement homéopathique avec un échantillon de placenta. Certaines femmes arrivent à récupérer quelques petits morceaux de leur placenta (si la sage-femme présente a accepté leur demande) et les envoient à des laboratoires suisses ou allemands qui en font des remèdes homéopathiques.

Et vous, vous en a-t-on déjà parlé en France ou lors de vos échanges avec des mamans basées à l’étranger de cette méthode ? Qu’en pensez-vous ?

pauline

Mon parcours mêle 10 ans d’expérience en rédaction, coordination éditoriale et édition jeunesse — aussi bien pour des médias, des institutions que des projets à visée éducative. J’accompagne les structures éducatives, culturelles et éditoriales dans la création de textes clairs, vivants et adaptés à leur public. Fondatrice de Mia Europo, société éditrice d'une série de magazines jeunesse puis d'un jeu éducatif sur la découverte de l’Europe, j’ai développé une expertise unique à la croisée de la pédagogie, de la culture et de la communication.

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