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L’accouchement dans l’eau

Par esther
L’accouchement dans l’eau

Refus d’un monitorage en continu ou d’un recours systématique à l’épisiotomie, choix de la position pour accoucher : les futurs parents sont de plus en plus nombreux à écrire un projet de naissance. Affirmation de leur volonté de se réapproprier leur accouchement et d’être actrices de la naissance de leur enfant, les femmes affirment désormais avec conviction leur volonté. Certaines d’entre elles, comme les top-modèles Gisele Bündchen ou Doutzen Kroes, font  le choix d’un accouchement dans l’eau.  En France, plus près de nous, des futures mamans s’orientent également vers une naissance aquatique. Plus naturel et plus doux pour maman et bébé, l’accouchement dans l’eau a un intérêt médical considérable mais requiert aussi une prise en charge et des conditions particulières.

Toutes les futures mamans connaissent ce conseil : rien de tel qu’un bon bain chaud au début du travail pour se détendre, diminuer la douleur des contractions et se relaxer avant le grand évènement. Les maternités le proposent également mais dès que le moment de l’expulsion s’annonce la future maman est, le plus souvent, installée sur une table d’accouchement classique. Ce type d’accouchement n’est envisagé en France que pour certaines femmes répondant à certains critères bien précis :

  • La grossesse doit s’être déroulée normalement et avoir dépassé le seuil de prématurité fixé à 37SA.
  • La future maman ne doit pas avoir souffert de diabète gestationnel ou d’une autre pathologie.
  • Le bébé ne doit pas se présenter en siège ou souffrir d’un retard de croissance. Un placenta mal placé est également une contre-indication.

Quels sont les bénéfices et les risques d’un accouchement dans l’eau ?

Les femmes ayant accouché dans l’eau et les professionnels de santé qui les accompagnent le disent, les bénéfices d’une naissance aquatique sont multiples. Ces accouchements sont bien moins générateurs de stress pour la future maman qu’un accouchement classique. L’eau va apaiser la douleur des contractions et réduire souvent de manière significative la durée du travail. Autre élément très important, le taux d’épisiotomie y est nettement inférieur. L’eau va en effet ramollir les tissus et aider à préserver le périnée. Les femmes sont par ailleurs beaucoup plus libres de leurs mouvements. Elles peuvent bouger, se tourner, chercher la position la plus confortable. Même chose au moment de l’expulsion, la future maman peut adopter la position qui lui convient le mieux. Il est désormais entendu par tous que la position allongée, les pieds dans les étriers est la moins physiologique, même si elle demeure la plus communément adoptée lors des accouchements. On peut noter également que plus que 90% des femmes ayant accouché dans l’eau souhaitent renouveler l’expérience dans le cas d’une nouvelle grossesse. Le ressenti des femmes est donc extrêmement positif et elles font tout état de la grande sérénité dans laquelle se déroulent ces naissances.

Comme pour tout accouchement, le risque de complications existe. Dans le cas d’un accouchement dans l’eau il est nécessaire de prendre certaines précautions afin d’assurer une sécurité optimale de la mère et l’enfant. Mais cette attention particulière concerne principalement l’environnement (baignoire spécifique) et le personnel médical encadrant qui devra être familier de ce type de naissance. La future maman quant à elle devra être bien préparée et détendue, le recourt à la péridurale étant impossible dans la baignoire. Il est néanmoins important de souligner qu’en cas de problème (souffrance fœtale, fatigue maternelle, souhait d’une péridurale) et à tout moment, il est possible de sortir de la baignoire et de s’installer sur une table d’accouchement classique. Une des idées reçues relatives à l’accouchement dans l’eau concerne surtout un risque pour le bébé : noyade, souffrance, difficultés respiratoires. Le bébé a bercé pendant neuf mois dans un environnement aquatique et ne prendra sa première respiration qu’au contact de l’air. Il demeurera donc en apnée pendant les quelques secondes qui précède à sa sortie de l’eau. Bien évidemment le bébé ne doit pas avoir souffert ou expérimenté un stress trop important pendant le travail.

Déroulement d’un accouchement dans l’eau

L’accouchement dans l’eau se déroule dans une baignoire spécifique, le plus souvent transparente et dans une eau à 37°C. La température est constante grâce à un système de régulation thermique. Le bon moment pour pénétrer dans la baignoire dépend de l’avancement du travail et du ressenti de la future maman. Le travail doit être déjà bien engagé avec des contractions efficaces qui le font progresser. La future maman est en général maintenue sous monitoring grâce à des capteurs étanches mais demeure, encore une fois, plus libre de ses mouvements. La sage-femme va accompagner la sortie du bébé, tout en douceur. Sa première inspiration se fera lorsqu’il sortira la tête de l’eau et sera placé sur le corps de sa maman. Pour pallier au risque de refroidissement le corps du bébé va demeurer immergé. Si le peau à peau et la première tétée sont possibles dans la baignoire, la délivrance (l’expulsion du placenta) ne peut se faire qu’à l’extérieur de l’eau.

Seules une dizaine de maternités en France pratiquent l’accouchement dans l’eau. Vous pouvez consulter le site très complet de l’AFNA (Association française de naissance aquatique) sur lequel vous trouverez une mine d’informations, d’adresses et de conseils.

 Le témoignage de Delphine : accouchement dans l’eau à la Clinique des Bluets

Delphine, 29 ans, et est la maman d’Ava (8 ans) et Jasmin (5 ans). Pour sa première grossesse, mal informée sur les possibilités d’accouchement naturel, elle a donné naissance à sa fille de manière classique. Fille d’une professeur de yoga et bercée, comme elle l’explique,  « dans une certaine maîtrise du corps et de l’esprit » elle a néanmoins accouché sans péridurale et sur le côté. Pour son deuxième enfant elle souhaitait une naissance peu médicalisée et aussi  respectueuse que possible. Pendant sa grossesse, pas de préparation à la naissance en piscine mais du yoga et des séances d’acupuncture pour préparer son corps à accepter la douleur et l’accompagner.

L’accouchement dans l’eau s’est imposé de lui-même alors qu’elle avait pris place dans la baignoire de la maternité à la clinique des Bluets dans le 12ème arrondissement de Paris.  L’accompagnement par le personnel médical et la bienveillance de l’entourage sont indispensables pour ce type de naissance. Delphine a eu la chance d’être entourée non seulement par une sage-femme avec qui elle avait tissé des liens très forts mais également par son compagnon, et une amie qui avait accouché dans la même maternité quelques jours plus tôt. Après avoir fait l’expérience de deux accouchements très différents Delphine exprime très bien l’apport d’une naissance aquatique :

L’accouchement dans l’eau m’a semblé moins froid, il faut dire aussi que je me suis sentie très épaulée dans ce choix de naissance. L’eau m’a enveloppée, a accompagné mes mouvements de bassin, a amplifié cette impression de bulle. 

Delphine a découvert le visage de son fils dans l’eau alors que son compagnon accompagnait la sortie de leur tout petit.

On l’a posé contre mon cœur. Je n’en revenais pas, vraiment. Nous n’avons découvert qu’après de longues minutes que c’était un petit garçon que nous avions au creux de nos bras. Jasmin est né à 7h07 un 15 novembre parfait. 

Cette naissance hors-norme et pourtant si naturelle s’est accomplie en douceur, bercée par l’eau tiède et la bienveillance qui régnait en salle de naissance. On ne peut imaginer plus joli départ dans la vie.

Le témoignage de Pauline : accouchement dans l’eau à son domicile

Membre de notre communauté, Pauline a souhaité aussi partager son témoignage suite à la naissance de deux de ses 3 enfants dans l’eau à son domicile accompagnée par une sage-femme.

“Il y a de nombreuses années, ma mère m’avait raconté qu’elle aurait adoré accoucher dans l’eau mais que les maternités le proposant étaient peu nombreuses et que ses grossesses à risques l’empêchaient d’aller dans une maternité trop éloignée de son domicile. A travers ses lectures, de Frederick Leboyer notamment, elle avait été convaincue des bienfaits que l’accouchement dans l’eau pouvait procurer à l’enfant mais aussi à la mère. Alors quand à mon tour j’ai su que j’étais enceinte, les interrogations sur le lieu de l’accouchement ont été très rapidement présentes. Le témoignage de ma mère a résonné en moi et je me suis intéressée aux maternités qui proposaient l’accouchement dans l’eau, nous étions en mai 2010.

Sur Paris, seules les maternités des Bluets et des Lilas le proposaient et le côté médicalisé de l’accouchement ne me convenait pas. A force de recherches, j’ai découvert qu’il était possible d’accoucher à domicile et que de nombreuses femmes dans le monde accouchaient chez elle, dans l’eau, accompagnées en général de leur sage femme et de leur conjoint. Surprise mais intriguée, j’ai approfondi mes recherches. J’ai ensuite pris contact avec plusieurs sages-femmes. Le premier rendez-vous avec l’une d’entre elle amènera à la rencontre d’une femme passionnée et dévouée et qui deviendra une véritable amie. Le partage de notre intimité et la préparation de cette naissance durant 9 mois ont été intenses et ont créé un lien unique et fort avec elle. Parce qu’un accouchement à la maison n’est pas simplement le choix d’un lieu pour donner la vie mais bel et bien une véritable préparation qui amènera à de nombreuses réflexions sur la médicalisation de l’accouchement aujourd’hui, son utilité et les moyens plus naturels d’arriver à un résultat similaire voire plus bénéfique et respectueux pour l’enfant et pour la mère. J’ai ainsi pu bénéficier d’un accompagnement personnalisé.

Ainsi le matin du 24 janvier 2011 j’ai annoncé à mon mari puis à ma sage-femme que ça serait certainement le grand jour, celui de la future rencontre avec notre premier petit garçon. Notre fils est né suite à un travail qui s’est fait dans le calme, la lumière tamisée et la douceur, au sein de notre chez nous. Et tout cela dans une piscine gonflable spécifique au milieu de notre salon. Nous étions dans notre bulle d’eau, détendus, attendant et accompagnant notre fils à naître. C’est à 15h qu’il a fait le grand plongeon, arrivant sans un cri, avec un “areuh” de contentement. Je l’ai aidé à sortir et nous avons échangé nos regards pour la première fois dans la détente. Quoi de mieux que de l’eau pour être détendu après un tel effort? Notre second enfant aura fait une bonne partie du chemin vers la sortie en ayant sa maman dans l’eau mais décidera finalement de naître dans notre lit. Cette partie du travail dans l’eau a été un vrai soulagement pour la gestion des contractions. Notre 3ème fils est, lui aussi, né dans l’eau, toujours accompagné de la même sage-femme.

J’ai un souvenir incroyable et très positif de mes accouchements. Le travail et ces naissances dans l’eau y sont pour beaucoup. Accoucher dans l’eau chez soi, c’est une organisation, mais une organisation relativement simple puisque la piscine peut être louée via des sages_femmes ou des mamans mettant leur piscine à disposition. Celle-ci doit bien évidemment être désinfectée après et avant chaque accouchement. La piscine étant relativement grande, l’eau (mise dans la piscine à l’aide d’un tuyau relié au robinet de la baignoire) reste à une bonne température pendant de nombreuses heures, il n’est pas nécessaire de remettre de l’eau plus chaude très souvent, ce qui est confortable puisque dans ces moments nos pensées sont naturellement axées vers cette naissance qui se prépare. L’expulsion du placenta s’est toujours faite en dehors de l’eau, la sage-femme a ainsi pu correctement l’examiner. L’évacuation de l’eau se fait à l’aide d’une pompe électrique. A domicile, il est bien sur impossible de pratiquer une péridurale, celle-ci se fait uniquement en milieu hospitalier, mais je ne souhaitais de toute façon pas en bénéficier, partant du principe que les mécanismes naturels du corps s’enclenchent pour permettre une naissance efficace s’ils ne sont pas anesthésiés. Nous avons vécu 3 magnifiques naissances, où le rythme de bébé et le corps de maman ont été totalement respectés. Où l’intimité du moment a été intense et où aucune séparation n’a eu lieu (un peau à peau à durée illimité et un papa à nos côtés jour et nuit). Des naissances accompagnées par le bercement de l’eau, contribuant à une atmosphère calme et sereine.”

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2 Commentaires

  1. Bonjour,

    J’ai des difficultés à trouver une sage femme qui accepte l’accouchement dans l’eau a domicile. Avez-vous les contacts des deux témoignages de l’article?
    Cordialement,

    Blandine
  2. Bonjour,

    Moi aussi, J’ai des difficultés à trouver une sage femme qui accepte l’accouchement dans l’eau a domicile. Avez-vous les contacts du témoignage de Pauline de l’article?

    Merci et belle journée,

    Cordialement,
    Fransisca

    Fransisca

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