En devenant parents, on devient aussi très souvent « employeurs ». De qui ? Eh bien d’une personne, dans 90% des cas d’une femme, qui va s’occuper de votre bébé quand vous souhaitez vous absenter. Sans lui. Une nounou ou… une baby-sitter.

Une baby-sitter, mais pourquoi faire ?

Aie, pour certaines jeunes mamans, la séparation n’est pas chose facile. Parfois imposée par une reprise du travail (nous avons vu ici comment la préparer au mieux d’ailleurs) ou une recherche, parfois « juste » nécessaire pour retrouver/conserver une intimité dans son couple.

Je ne cesse de le prôner : une sortie en amoureux au moins une fois par mois est indispensable (et devrait être remboursée par la sécurité sociale, mais, ça c’est une autre histoire).
Les « Ah, mais non, je ne pourrai jamais laisser mon bébé à une inconnue » ou autres « trouver quelqu’un de bien, c’est très difficile, voir impossible », je ne veux plus les entendre. Un couple a besoin, régulièrement, de se retrouver. Il vous faut donc recruter une personne de confiance qui pourra, quelques heures par-ci, par-là, vous garder votre petit amour afin de vous consacrer « au grand » (amour). Non seulement c’est POSSIBLE, mais, en plus, vous verrez que vous deviendrez accros de ces petits moments en solo ! Voici donc quelques conseils pour recruter une baby-sitter sans se prendre la tête.

Administrativement parlant

Vous aimez les paperasses ? Vous aimez les démarches administratives ? Vous aimez remplir le formulaire A3bis, pour apprendre 45 minutes plus tard qu’il fallait remplir le volet jaune et non pas le rose de ce même formulaire ?

Bah vous allez être déçues. Je vais au contraire vous montrer comme il est désormais simple, rapide, efficace et drôlement économe de déclarer sa baby-sitter et de la payer en Chèque Emploi Service Universel (le CESU pour les intimes).

Comment faire ?

  • trouver le ou la baby-sitter (on verra comment plus bas)
  • lui demander son numéro de sécurité sociale (et les jouer au loto)
  • la payer avec un CESU (que vous aurez préalablement demandé à votre banquier,)
  • dans les jours qui suivent, déclarer le salaire versé sur le volet consacré à cet effet ou directement en ligne sur le site du CESU

Quel salaire ?
Le salaire d’un baby-sitter est régi par la « convention collective des salariés du particulier employeur » N°3180 (c’est bon de l’avoir sous la main, elle est téléchargeable sur internet).

Le salaire horaire minimum doit être au moins égal au SMIC soit 9,40 € bruts par heure (au 1er juillet 2012). Un abattement de salaire de 20% pour les moins de 17 ans et de 10% pour les jeunes entre 17 et 18 ans est légal.

Les avantages ?
Votre baby-sitter est déclarée, de son côté, elle cotise donc ainsi pour sa future retraite et sa couverture sociale. Par ailleurs, vous êtes couverts par vos assurances en cas de soucis durant votre absence. Ce n’est pas un moindre détail ! Fiscalement, en fin d’année vous recevez un relevé indiquant le coût total de vos dépenses : c’est-à-dire les salaires versés additionnés aux cotisations sociales. La moitié de cette somme est déductible de vos impôts sur le revenu ! (Enfin, là, je ne sais pas encore ce que cela donnera exactement pour 2013, laissons nos politiques y réfléchir encore…)

Bon tout ça, c’est surtout si vous l’employez régulièrement, sinon, bon, il reste la possibilité de la payer en espèce, mais chut, je ne veux rien savoir…

Le recrutement

Trouver une bonne baby-sitter, est-ce mission impossible ? Non, pas tant que ça, il suffit « juste » de faire attention à quelques points fondamentaux.

L’idéal, évidemment, est de bénéficier d’une recommandation, donc de l’expérience d’une amie maman, avec qui vous partagez les besoins, envies, exigences concernant une garde ponctuelle. Là, c’est banco, en général, vous êtes tranquilles, quelqu’un de confiance l’a testé et approuvé, vous pouvez à votre tour, lui faire confiance plus facilement.

Si vous recrutez vous-même… la première fois, vous hésiterez, vous ne serez pas à l’aise, c’est normal. Dans ce cas, prenez plutôt quelqu’un d’expérimenté. Oui, je sais, ce n’est pas facile de démarrer un job si on n’a pas d’expérience et comment avoir de l’expérience si personne ne nous donne sa chance ? Le serpent se mord la queue, en attendant, là, on parle de garde d’enfants, avec toutes les responsabilités que cela implique. Laissez les débutantes aux mamans expérimentées et ayant des enfants plus grands. Donc, oui, on choisit une personne ayant un minimum d’expérience, surtout, et c’est mon principal conseil, si on lui confie un nourrisson. Pour trouver : n’hésitez pas à mettre une petite annonce chez vos commerçants préférés ou encore sur des sites spécialisés comme bebe-nounou.com

Pour vérifier qu’une personne sait s’occuper d’un bébé, il n’y a pas plus simple : faites le test ! Mettez-lui bébé dans les bras, demandez-lui de lui changer la couche et de préparer un biberon. Vous verrez vite si oui ou non elle sait faire !

La motivation est aussi un critère qui me semble très important, plus que celui de l’âge par exemple :  préférez une personne chaleureuse, curieuse, souriante, posant des questions sur les habitudes de votre enfant, sur vos désirs concernant la garde.

La « débrouillardise » : j’aime ce mot. J’entends par là qu’il faut choisir une baby-sitter débrouillarde qui, en cas de problème, aura des réflexes positifs. Ce n’est pas facile de le repérer en un seul entretien, mais je vous conseille de la mettre en situation en lui posant des questions : « mon enfant avale de travers, que faites-vous ? », « le petit ne veut pas dormir, quelle est votre réaction ?», « le repas brûle, quelles solutions ? »… C’est suffisamment concret pour que vous puissiez juger de sa réactivité et de son comportement. Ici par exemple, sans le vouloir, une baby-sitter m’a prouvé dès la première garde qu’elle était débrouillarde : coupure de courant ! Elle a vérifié s’il y avait de la lumière dans les parties communes de l’immeuble, m’a laissé un texto pour me prévenir, mais que tout allait bien. Puis, elle a changé le menu prévu en préparant un repas froid à base de jambon et de tomates et a rassuré les enfants en racontant des histoires rigolotes ! Autant vous dire que cette jeune fille fait partie de mes baby-sitters préférées !!

Votre feeling : ne le niez pas, vous avez, nous avons, toutes un 6e sens pour ce genre de chose. Laissez-le s’exprimer. Vous ne la « sentez » pas ? N’insistez pas. Vous ne serez pas à l’aise sinon au moment de lui laisser votre enfant. Prenez votre temps pour choisir une personne de confiance.

Soyez positives c’est indispensable pendant une recherche, et rassurez-vous, tout se passe toujours bien dans 99% des soirées baby-sitting. Il faut juste prévoir, au cas où !

La première soirée !

Voilà, vous avez trouvé votre perle rare, vous vous apprêtez à la faire venir pour la première fois s’occuper de bébé seule. BRAVO. C’est le grand soir. Le soir de la Première ! Pas de panique. On respire. Tout va bien se passer et angoisser ne servira à rien d’autre que de vous planter votre soirée en tête à tête.

Que faire pour optimiser le succès de cette première soirée ?

  • Prévenir bébé quelques heures avant que la gentille demoiselle qu’il a vue l’autre jour va venir s’occuper de lui. Vous lui expliquez – oui, même à un bébé de 3 mois – que papa et maman vont rentrer après quand il fera déjà dodo. C’est tout bête, mais c’est indispensable. On communique : c’est la règle d’or, avec une voix douce, ferme et sûre d’elle (n’est-ce pas)
  • Accueillez chaleureusement la baby-sitter au moins 15 minutes avant votre départ prévu, pour avoir le temps de lui montrer tranquillement où se trouve : le repas ou quoi préparer, la trousse à pharmacie, la liste des numéros d’urgence… et lui rappeler ce qu’il y a à faire (bain, repas, télé pour les plus grands, coucher à quelle heure, etc.)

Une créatrice suisse, Pauline Martinet, diplômée de l’ECAL a même pensé à un pense-bête…pour laisser toutes les infos utiles comme inutiles, mais aussi recueillir le précieux feedback de la baby-sitter à notre retour de soirée. Ces blocs sont vraiment très drôles et donnent le ton, à la fois sérieux sans se prendre la tête! En vente sur son site Frech avec un c, le bloc de 25 pages (ça en fait des soirées!!!) à 12CHF.

ET PUIS C’EST TOUT

N’harcelez pas la personne d’informations, elle aura sans doute des questions, encouragez-la à les poser c’est plus simple.

Faites-lui confiance. Et puis dites-vous que si au pire, bébé ne mange rien ce soir-là, il se rattrapera le lendemain (à l’aube ! eh eh ), ce n’est pas si grave. Idem s’il pleure beaucoup eh bien la baby-sitter passera la soirée avec lui dans les bras et tant pis si ce n’est pas normalement ce que vous auriez fait !

Enfin, si votre petit pleure en vous voyant partir… partez ! Vous lui dites gentiment, mais fermement que vous devez partir comme prévu, que vous l’aimez et que vous revenez juste après. Terminez par un petit « je sais que tu seras bien avec ta baby-sitter » et fermez la porte ! Vous pleurez derrière, mais interdiction formelle de pleurer devant lui ! Attention, je veille ! (et je vous autorise à envoyer 1 SMS à la baby-sitter pour qu’elle vous rassure quelques minutes plus tard).

Maintenant, à vous les soirées en amoureux ou entre copines ! Celles qui font du bien (même si les lendemains sont difficiles…)