La zone très sensibilisée de l’abdomen sera encore le centre de vos attentions au post-partum. Et oui, vous continuerez à vous regarder le nombril, mesdames, même après l’accouchement ! Certaines iront même jusqu’à vouloir utiliser des « petits coups de pouce » pour retrouver plus rapidement leur ventre plat. Alors quels vêtements utiliser ? Comment et pourquoi ? Faisons le tour de la question.

Le bandage, une tradition ancestrale

Il y a de ces traditions qui reviennent de mode soudainement, qu’on ré-apprivoise, qu’on redécouvre, comme si elles n’avaient jamais existé auparavant. Dans la même lignée que l’emmaillotage pour le bébé, il y a le bandage pour les jeunes mamans.

Cette coutume était de mise au siècle dernier en France, à cette époque où il faut le dire la gente féminine ne se passait jamais de corsets et de gaines. Aujourd’hui, encore en Afrique, Asie et Amérique, ce secret de beauté se transmet entre les femmes de la famille, avec quelques variantes selon les régions.

  • Au Japon, le bandage, appelé Haramaki, consiste en une ceinture en tissu en coton qui participe à maintenir une bonne température de tout le corps et à réchauffer la région du ventre et des lombaires. Les hommes, les femmes et les enfants en portent tout au long de l’année, surtout dans les zones reculées où le travail extérieur met à mal cette partie du corps. Les femmes portent ce tissu pendant la grossesse également pour maintenir les ligaments du bassin et éviter les tiraillements (ahhh comme j’aurai tout donné pour me soulager à ce niveau-là durant ma grossesse !). Après l’accouchement, la matière en coton appliquée à même la peau, réchauffe le ventre et soulage les douleurs, surtout durant les tranchées (rétractions de l’utérus).  Le tissu est souple, ce qui permet de l’utiliser rapidement même après une césarienne.
  • Dans les pays latinos comme au Mexique, on utilise le rebozo. Une sorte de grand tissu coloré, comme une écharpe de portage, qui est multifonction et servira autant à la maman qu’au bébé. Pendant la grossesse, on l’utilise comme mécanisme pour faire des massages et étirements, en balançant les membres de la femme enceinte allongée. Puis à l’accouchement on l’utilisera pour bander le ventre de la jeune maman.
  • En Afrique, le bandage est largement préconisé aussi bien au Maghreb qu’en régions subsahariennes. Au Maghreb, on utilise plutôt le gainage après les 40 jours, période de transition où la femme est encore fragilisée par la naissance. Passée cette période, elle ira au hammam où sous la chaleur humide, elle se purifiera de l’intérieur et de l’extérieur. Sur sa peau encore humide et réchauffée par les effluves, on applique une compresse chaude sur son ventre que l’on bande avec un tissu blanc. Après une césarienne, on attendra alors la cicatrisation des tissus, qui est très rapide aujourd’hui avec les fils résorbables, et on évitera de porter la compresse pour ne pas faire macérer la cicatrice.
  • En Afrique, le bandage est une obligation culturelle avec ou sans césarienne. Je me souviens d’une aide-soignante africaine qui s’était étonnée de ne pas me voir gainée à la clinique. Elle m’avait alors exhibée son ventre, toute fière : « vous voyez ce ventre ferme ? Et bien j’ai eu 4 enfants, dont 2 césariennes ! Le bandage c’est le seul secret. Alors bien sûr ça fait mal, mais il faut y aller, n’hésiter pas à serrer, c’est le seul moyen ! », devant ma mine déconfite, qui n’imaginait même pas qu’un papillon se pose sur mon ventre tellement j’avais les tissus en feu. Alors, j’imaginais encore moins que l’on le torture d’un bandage ! Selon la tradition africaine, les femmes bandent leur ventre après avoir fait un bain de siège à la vapeur et enduit le ventre d’une huile végétale (coco, palme, olive…) ou de karité. De cette façon, les pores de la peau sont encore dilatés par la chaleur, une condition optimale pour recevoir les bienfaits nutritifs et hydratants des huiles. Le bandage complète le soin en permettant une absorption optimale. Puis, après la convalescence, l’écharpe de portage est nouée de façon assez serrée, autour de la maman et du bébé pour aider le bassin et les hanches à retrouver leur place, tout en marchant.

Voilà, ce petit tour du monde des mamas étant fait, vous comprenez alors que la solution du bandage/gainage n’est pas une invention commerciale pour faire dépenser des sous aux jeunes mamans ! Et qu’elle peut être d’autant plus utile lorsqu’il n’est pas possible de faire du sport pendant une longue période, surtout lorsqu’on accouche en césarienne. Bien sûr, comme toutes méthodes touchant à la maternité, il y a aura toujours des détracteurs qui diront qu’il faut laisser faire la nature. Oui, c’est vrai, mais à mon avis, si on peut aider dame nature, c’est encore mieux ! A ce sujet, n’hésitez pas à vous procurer l’ouvrage de Bernadatte de Gasquet “En forme après bébé” qui présente toutes ces techniques ancestrales de bandage mais préconise aussi un bandage post accouchement pour refermer le bassin.

 A quoi sert le maintien post-césarienne ?

Vous pensiez qu’une gaine ou un shorty vont miraculeusement vous faire perdre vos kilos de grossesse, concentré autour du bidon…mmm ce n’est pas un peu utopique ? En revanche, il y a pleins d’autres fonctions qui sont d’autant plus utiles, si ce n’est indispensable :

  • Soulager les douleurs : un accouchement sous césarienne ne fait pas mal tout de suite (merci les antalgiques) mais le lendemain. Je me souviens avoir été très impressionnée par la violence des douleurs, comme si une décharge électrique me parcourait l’abdomen. Je vous rassure toute de suite les filles, la douleur est très subjective et j’ai des amies à moi qui m’ont avouée que ça leur avait « piqué » un peu mais que c’était supportable. Après l’accouchement, les organes doivent se replacer, maintenant que l’utérus reprend sa forme initiale. Il y a alors beaucoup d’air dans le ventre, ce qui est très incommodant et provoque des spasmes. Dans ce cas, une compression au niveau du nombril (et surtout pas sur la cicatrice) quelques heures dans la journée, peut déjà soulager ce type de douleurs. La compression agit comme un massage diffus. Les douleurs aux lombaires peuvent aussi être très douloureuses surtout si vous avez fait une rachianesthésie (une anesthésie locale de la colonne lombaire). Le maintien du dos avec une ceinture peut être très bénéfique, surtout si vous avez du mal à vous lever et à vous tenir droite. Le bandage libère les articulations sacro-iliaques (soulageant les sciatiques) et permet de mieux supporter la position debout, le temps du bain de bébé par exemple.
  • Replacer les organes : après un avis médical sur la bonne avancée de votre cicatrisation, vous pouvez alors porter une solution de maintien pour aider vos organes à retrouver plus rapidement leurs places initiales. Une compression avec une écharpe ou une gaine haute peut aussi aider à remettre en place les hanches, repositionner le bassin, ré-ajuster les parois du vagin, et favoriser le rapprochement des abdominaux, indispensable après une césarienne ! Enfin, sachez que durant le dernier trimestre de la grossesse, vous sécrétez une hormone, la relaxine qui détend les tissus et ligaments pour favoriser l’expulsion. Quelques semaines après l’accouchement vous produisez encore cette hormone, qui, stimulée par une gaine, participera à la rétraction des tissus plus rapidement. En compressant le ventre, vous diminuez aussi les gaz et donc réduisez les gonflements. Pour ces indications, le gainage doit être progressif, ne doit pas tirailler sur la cicatrice. Si vous supportez bien le maintien, vous pouvez le porter jour et nuit pour des résultats plus rapides.
  • Regagner sa féminité : la période post-partum est très particulière d’un point de vue psychologique et du rapport que vous avez avec votre corps. D’un côté vous n’êtes plus enceinte, mais vous gardez encore les stigmates de la grossesse, à savoir vos kilos en trop. Vous vous sentez comme vide de l’intérieur, avec un statut social qui a soudainement changé : de future maman vous devez jeune maman. Est-ce que jeune maman signifie redevenir femme ? Où avez-vous encore l’excuse du ventre bedonnant ? A quel moment passe-t-on de jeune maman à « je-peux-enfin-remettre-mes-vêtements-d-avant-grossesse » ? Voilà typiquement le genre de questions qui peuvent vous traverser l’esprit. Pour accélérer le processus, vous pouvez « tricher », comme toutes les femmes et surtout ces stars d’Hollywood qui nous narguent sur tapis rouge et robe moulante à « baby + 2 mois » ! En plus de leur super coach personnel à 500 € de l’heure, elle dégaine (ah le jeu de mots) leur arme secrète : le body wrap. Qu’il s’agisse d’une gaine recouvrant tout le corps des bras aux fesses, ou juste le ventre, le résultat est le même : elles « perdent » jusqu’à 2 tailles de pantalon, selon la force de compression. Pour une césarienne, on recommande une compression moyenne, et ajustable (cf. produits) pour protéger la cicatrice. Ce faisant, vous pouvez alors, vous aussi, remettre votre petite robe noire, pour un resto romantique avec votre chéri ; vous ressentir belle et désirable, même en ayant accouchée 2 mois plus tôt. Attention cependant à ne pas tout miser sur les gaines. Dès que vous le pouvez, l’idée est quand même d’essayer de se remettre au sport et retrouver un corps ferme…pour de vrai !
  • Améliorer la peau : certaines solutions de maintien incorporent des ingrédients boosters, qui peuvent aider à améliorer l’aspect de la peau en l’hydratant. De plus, les ceintures et gaines favorisent la sudation, un excellent moyen pour oxygéner son corps, libérer les toxines et gagner en élasticité des tissus. Enfin pour les femmes césarisées, la culotte C-Panty post césarienne agit directement sur la cicatrice en diminuant les œdèmes, les rétentions de fluides, et les tiraillements.
Quels types de maintien post-grossesse ?
  • La culotte/gaine : de nombreuses mamans utilisent les gaines classiques après la grossesse. Or pour le cas des femmes césarisées, les tissus de la lingerie sont bien trop rigides et peuvent être même déconseillés sur la cicatrice. C’est pourquoi, mieux vaut utiliser un produit spécifiquement étudié pour elles. Les culottes haute et basse C-Panty fonctionnent comme des gaines classiques au niveau du maintien à la taille et au haut du ventre. Leur particularité réside sur la bande renforcée de silicone à l’endroit même de l’incision (le trait horizontal juste au-dessus du pubis). La compression est non seulement gainante mais aussi cicatrisante, jusqu’à une année après l’accouchement.
  • Le legging/shorty : naturellement, comme vous ne rentrerez pas encore tout à fait dans votre jean, vous serez très tentée par le legging ventre plat. Le legging ventre plat de Séraphine est très appréciée car il n’exerce pas trop de pression et s’avère confortable, même après une césarienne (voir l’avis de Karen, M2b)  Le legging a l’avantage, contrairement au shorty, d’agir sur toute la jambe et de dégonfler les œdèmes liés à la rétention d’eau (un problème récurrent si vous allaitez).
  • La ceinture/ le wrap : le maintien se présente sous forme de ceinture, le plus souvent velcro pour pouvoir régler et ajuster facilement la taille. Elle permet de maintenir une bonne posture et éviter des pressions/tiraillements au niveau de la cicatrice. Elle n’est cependant pas pratique pour la position assise, et non ajustable sur la partie inférieure de l’abdomen, au niveau de l’incision. A porter plutôt en complément, à même la peau ou au-dessus de ses vêtements (fins de préférence) et de façon ponctuelle pour les femmes césarisées.
    Vous pouvez opter pour la ceinture Physiomat qui se positionne autour du bassin ou pour la ceinture abdominale Belly Bandit, qui exerce de plus une compression sur le ventre. Ces produits sont disponibles sur notre site, où vous trouvez davantage de conseils et de précisons.Le wrap est l’option « physiologique » à la ceinture. Il s’agit tout simplement de se gainer le ventre avec un bout de tissu (de préférence en coton) comme ce qui se fait ailleurs (cf. paragraphe précèdent). Pour une femme césarisée, la pose n’est pas évidente, et elle aura besoin d’aide.
  • Le top gainant : une bonne alternative pour celles qui veulent gainer le haut du corps, au niveau de la taille et du haut de l’abdomen sans comprimer le bas, encore trop sensible. En Amérique du Sud, ces hauts font fureur avec éventuellement une ouverture en dessous de la poitrine, pour un effet push-up (et pratique également si vous allaitez !). Mama caliente…

Notre sélection de vêtements de maintien et gainants post césarienne

 

 Le conseil en +

Peu importe votre choix de maintien, pour optimiser les effets, je vous conseille vivement d’appliquer un baume cicatrisant ou une crème hydratante sur votre cicatrice parfaitement refermée. Avant de porter la compression, séchez bien la zone, car il ne faut pas que la cicatrice macère.

N’hésitez pas à nous confier vos astuces et solutions qui vous ont soulagé après votre césarienne !

Crédit photo : Carole J. Photographie / atelier yoga post natal institut Bernadette de Gasquet