Le 23 mai dernier a eu lieu au sein de l’Institut Pasteur un colloque sur l’infertilité. La rédaction de Mumtobeparty se devait d’être présente pour comprendre aujourd’hui les attentes des couples et les solutions proposées face aux problèmes qui touchent la procréation. De nombreux intervenants et débats entre l’éthique, le législatif, le médical et les histoires personnelles. Parmi les thèmes abordés celui qui concerne les grossesses tardives…

Les quadras enceintes sur tapis rouge

Halle Berry enceinte à 46 ans. Marcia cCoss : 45 ans. Madonna : 42 ans. Carla Bruni : 43 ans. Salma Hayek : 41 ans…

Bref la liste est longue de ces femmes connues qui ont eu une grossesse tardive, répondant à une véritable révolution dans les mœurs de la famille, et de la femme en général. En affichant leur jolis baby-bump ces femmes démocratisent l’idée que la grossesse est possible à tout âge, défiant un peu plus la nature. Même si le phénomène n’est pas nouveau, sa démocratisation et le tabou qu’il soulève surtout pour les primo-grossesses est une micro-révolution dans le combat féministe. L’utérus n’a plus l’âge dicté par la société. On en dispose quand on veut, et de la façon qu’il nous plait ! Voilà le message clair envoyé par ces femmes rayonnantes sur le tapis rouge qui assument leurs formes avec fierté.

La réalité pour les femmes lambdas est tout autre… loin des strass. Si les grossesses tardives sont la plupart du temps choisies, elles sont aussi vécues avec anxiété aussi bien de la part de la future maman, que son conjoint ou encore l’entourage…

Pourquoi de plus en plus de grossesses tardives ?

Selon le Dr Brami « la carrière, le projet conjugal tardif ainsi que les secondes unions sont les résultantes de grossesse après 40 ans ». Dr Sylvie Epelboin spécifie même qu’ « aujourd’hui le temps pour trouver son compagnon est d’environ six ans, ce qui inexorablement rallonge la date de la première grossesse. Les femmes mettent plus de temps à trouver un compagnon à un âge où leur fertilité commence à diminuer, aux alentours de 35 ans. Or la baisse précoce de la fertilité ne va pas avec l’allongement de vie de la femme, qui se situe autour de 80 ans. » En pointant du doigt tous ces paramètres de société, ces spécialistes décryptent ces femmes dont le réveil maternel pourrait être plus tardif. Cette course contre la montre dans la vie d’une femme. Ce tictac incessant de l’horloge biologique qui sonne à chaque quinquennat.

25 ans, en plein dans les études.

30 ans, place à la vie active.

35 ans, se posent les questions sur la vie de couple, ses désirs…

40 ans : driiiiing !

Et voilà le temps qui passe si vite, cette injustice de la nature, qui s’abat comme une épée de Damoclès sur l’utérus des femmes.

Les risques des grossesses tardives

Alors bien sûr lorsque l’on voit toutes ces célébrités qui affichent leur progéniture tout sourire, se moquant de leurs rides, pourvu qu’elles aient leur bébé calé dans la poussette… ça donne envie de se dire : mais si c’est possible ! Ça a même l’air facile ! Le Dr Thierry Harvey se doit alors de nous rappeler quelques éléments qui ne sont pas affichées à la Une de Closer : « les grossesses tardives sont exposées à des risques médicaux plus importants, non négligeables. Parmi eux, il y a les risques de phlébites, de thromboses, les fausses couches (qui représentent  50 % après 40 ans), les anomalies chromosomiques, les césariennes (lié à la musculature utérine pas assez ferme et à l’effort physique trop pénible pour le cœur)… Sachant même que « au-delà de 44 ans, les soins et la maternité doivent être données dans un centre avec réanimation maternelle, puisque le risque de pré-éclampsie s’élève à 30% ! » Bon ok, ici ce n’est qu’une vision très chiffrée de professionnels, sans tenir compte des cas particuliers. L’idée n’était pas de culpabiliser la future maman quadra en exposant les faits. Mais au contraire d’informer toutes les femmes, comme un devoir !

Les solutions proposées et leurs réussites

Face à la difficulté des couples d’avoir des enfants, passée la quarantaine, de nombreuses solutions existent en France, même si le législateur intervient encore beaucoup dans ce choix personnel. Ainsi comme le rappelle Dr Sylvie Epelboin, « la loi stipule que pour toutes les personnes qui subissent un traitement ou qui sont porteuses de maladies (cancer, risque de ménopause précoce, pathologie de rhumatisme…) qui peuvent altérer leur reproduction, il y a la possibilité de congeler –vitrifier- ses ovules. Une technique apparue en Italie récemment. » Seulement dans ces cas de figure purement médicales, ce qui élimine les volontés totalement personnelles des femmes !

Or il faut savoir, comme le rappelle le Dr Brami, qu’il « doit avoir 8 ovocytes matures pour espérer un taux de grossesse satisfaisant. » Face à cette réalité, des femmes françaises font le choix dans leur trentaine pour maximiser les chances d’avoir un enfant quant sera venu le temps de la belle rencontre avec le futur papa. Un parcours aussi de combattant, mais aussi un choix assumé par Garance, la co-fondatrice d’Happy Families qui a décidé de congeler ses ovocytes à l’étranger et de témoigner dans le ELLE.

Le praticien propose aussi : « la FIV donne de meilleures résultats que l’insémination artificielle, ainsi pour une femme passée la quarantaine, on a tendance à se diriger plus rapidement vers cette solution, avec des taux de réussite de 5% de grossesse à terme.» Et pourtant précise-t-il « malgré les chiffres bas, les parents sont prêts à tenter le coup, même si nous n’avons pas assez de recul pour connaitre tous les impacts sur les traitements notamment ovariens. »

Enfin, lors de la conférence, a aussi été évoqué le don de sperme qui n’est ouvert qu’aux couples. Donc une femme seule, célibataire n’a pas le droit de bénéficier de cette technique comme le rappelle la sociologue Dominique MEhle qui mène une enquête autour de « l’enfant du don ». De la même façon que la procréation médicalement assistée, est fermée aux femmes célibataires, contrairement à des pays comme l’Espagne ou la République Tchèque. L’adoption est un recours certes encore possible mais très périlleux et long, aussi bien pour les couples que pour les personnes seules.

Le témoignage de Sarah, enceinte à 41 ans de son premier enfant

Croisée dans les allées de la conférence, la jolie Sarah nous a expliqué comment elle vivait son aventure

« Au début j’étais totalement paniquée ! J’avais même commencé à faire le deuil d’une maternité, me satisfaisant de l’amour que je portais à mes neveux et nièces. Je n’avais pas de conjoint stable donc je ne subissais pas de pression particulière.

Jusqu’au jour où j’ai rencontré mon futur mari. Notre relation a été très rapide et quelques mois après notre premier baiser, je suis tombée enceinte. Ce n’était pas forcément voulu de ma part, mais comme je ne prenais pas la pilule, inconsciemment je savais que ça pouvait arriver. J’étais convaincue que je ne tomberai jamais enceinte, alors je ne m’en souciais pas.

Quand je me suis rendu compte de ma grossesse après 6 semaines, je n’en revenais pas. Encore maintenant, à 8 mois, j’ai du mal à réaliser ce qu’il m’arrive. Je ne veux pas m’accrocher à cet enfant, me dire qu’il est réel car j’ai toujours cette peur de le perdre. Alors je m’autorise à l’aimer que le jour où il sera dans mes bras.

Je sais que je suis une grossesse à risque, on me l’a assez dit dans mon entourage médical. Ca commence à être fatigant et lassant. On ne me traite pas comme une future maman « normale ». J’ai toujours cette impression qu’on s’attarde plus que ce qu’il ne devrait devant l’échographie. Qu’on me pose plus de questions par précaution. Qu’on me fait les yeux ronds à chaque fois que je dis mon âge. Bref j’ai hâte d’accoucher pour arrêter de devoir me justifier sur cette grossesse, et vivre pleinement ma maternité comme toutes les mamans ! »

Et vous les M2b ? Avez-vous expérimenté une grossesse tardive ? Si oui, dans quelles conditions ? Et comment s’est passée la grossesse ? Comme Sarah, n’hésitez pas à nous donner votre témoignage, qui peut aider d’autres futures mamans vivant la même expérience !