Partir en camping-car à la découverte d’un pays, c’est un peu un rêve de gosse. Parlez-en autour de vous, et vous constaterez que c’est un rêve trans-générationnel. Rien de mieux pour une 1ère expérience que de choisir une destination qui sera abordable (pas tant au niveau du prix que des équipements de qualité, une langue similaire et un climat favorable). En cela le Québec répond haut la main à ces critères, en plus de permettre une vraie déconnexion, ne serait-ce par le décalage horaire et ces grands espaces où vous direz bye bye à vos notifications. Christel est partie pour la 1ère fois avec ses enfants de 5 et 7 ans pendant près de 3 semaines, et relate en détail cette incroyable expérience familiale. Un guide ultra précieux pour qui aimerait envisager le même voyage en famille.

 Jour 1 : arrivée à Montréal

Ce vol, réalisé mi-août, nous l’avons réservé fin mars, tandis que le camping-car fut réservé début juin puis les campings jusqu’à 3 semaines avant le départ.

Notre arrivée ne s’est pas déroulée comme prévue : 1h30 de retard au décollage et autant à l’arrivée à cause d’un bug informatique au service d’immigration, nous n’avons pas pu récupérer notre camping-car comme prévu en milieu d’après-midi et faire la formation. Cauchemar ! Nous avions réservé une nuit au parc national du Mont Tremblant qui a donc été perdue et avons débuté notre road-trip sur le garage des camping-cars Cité Caravane, sur un asphalte chauffé à bloc en zone industrielle. Nous ne savions pas que les bureaux ferment si tôt au Québec (vers 17h30) et n’avions pas anticipé une marge en cas de retard.

Nos conseils pour un démarrage en douceur

Prévoir d’arriver en matinée pour récupérer camping car | formation | installation – rangement | 1ères courses dans les environs | Trajet et prise en main du camping | bouchons fréquents dans la périphérie de Montréal

Bien vérifier le fonctionnement de chaque appareil lors de la formation (arrivée d’eau…jusque TV). De notre côté, il y avait des défauts, traités heureusement rapidement, mais qui auraient pu être handicapants plus tard. Bien comprendre les mécanismes et les tester avec le formateur. Toujours bien garder le numéro d’assistance. Nous en avons eu besoin au tout début.

Demander où se situe la 1ère grande zone commerciale et aller faire des courses de nécessité : la literie est généralement fournie ainsi qu’un rouleau de papier WC et cela s’arrête ici. Il vous faut acheter du papier WC spécial, éponge, liquide vaisselle, produits ménagers, essuie-tout, savon liquide pour les mains. Vous verrez, à plusieurs dans ce petit habitacle, une bonne demi-heure par jour est consacrée au ménage et à la propreté. Acheter aussi un grand baril d’eau, elle vous servira à vous hydrater mais aussi nettoyer et cuire vos légumes, pâtes (car l’eau dans les campings n’est pas potable). 

Jour 2 : parc Oméga et direction la région de Lanaudière

Ce parc ne faisait pas partie de notre planning mais ayant été cloués à Montréal et devant “sauter” l’étape du Mont Tremblant, on s’est dit qu’une petite activité familiale sympa permettrait de vraiment lancer l’aventure québécoise. Et même si c’était carrément à contre-sens et rallongeait notre parcours, nous n’avons pas regretté de visiter ce zoo sauvage…créé par un français amoureux du Québec.

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Direction camping paradis, notre 1er “vrai” camping. Autant vous dire que sur place, on n’a pas croisé de français. C’est le haut lieu de villégiature des familles dans une pinède qui rappelle, eh oui, notre célèbre film, avec les annonces au micro en moins et une piscine à vague en plus ! Evidemment, avec les bouchons rencontrés sur la route (16h-17h, c’est peak hours), et les horaires du staff, on n’a pas pu faire un plongeon tardif à notre arrivée. Pas grave, notre place était située à côté d’une aire de jeux canon, laissant le temps aux adultes de tester les branchements (eau, électricité, égouts) et commencer à mettre en place le nid (le lit, la table, le repas, puis les douches des enfants…après une visite des lieux). Avec tout ça, on ne s’est pas couché très tôt, mais on était super contents que tout marche à merveille et le lendemain, yummy…on allait faire des pancakes au petit-déj, royal !

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Jour 3 : piscine à vague direction chalets au bois rond

Oui, oui, vous ne rêvez pas, des pancakes. Nous avons trouvé dans une grande épicerie (nom donné à leur supermarché) une préparation bio pour pancakes, où il suffit simplement d’ajouter du lait frais pour obtenir la pâte. Ca vous rappelle sans doute Marlette. En tout cas, avec le sirop d’érable ou le beurre de cacahouètes bio, c’était délicieux. Nous étions évidemment les premiers (et les seuls) à fouler les vagues de la piscine…sous la pluie. Genre, privatisée pour la famille. Et comme nous devions partir rapidement pour retrouver des amis français pour un lunch à 2H30 de route, nous avons été bien organisés : l’un allait doucher et réchauffer les kids, l’autre allait rincer aux douches collectives les maillots et les sécher…sous les séchoirs express. Voilà, j’avais complètement oublié d’apporter un sèche-cheveux et compte-tenu des températures un peu fraiches et de l’humidité souvent rencontrée sur le parcours, il n’est pas de trop pour sécher la chevelure des bambins et votre petit linge trempé par les averses.

Les vêtements à emporter  

Comment : vous vous demandez forcément quelle quantité d’habits vous devrez apporter pour vous et vos enfants. Il y a évidemment la question du poids côté transport aérien, mais surtout la capacité de rangement du camping-car. La compagnie de location nous avait fortement encouragé à venir avec des petites valises et des sacs, vs de grosses valises pour les stocker plus facilement.

D’un côté, on valide les petites valises et sacs car

  1. cela vous limite en vêtements
  2. vous pourrez les prendre avec vous dans l’avion et vous limitez le risque de débuter votre séjour avec le même t-shirt sur une semaine parce que votre valise a été égarée
  3. les sacs (de type Playa Playa qui sont définitivement des sacs extra-ordinaires, ultra solides en toute circonstance) se plient facilement et servent lors de vos virées en courses ou à la buanderie. Parfait !

D’un autre côté, il faut savoir que les camping-cars ont plein de petites cachettes extérieures où stocker des chaises, une table, vos valises…donc il y a de la place. MAIS la clé qui ferme ces petites cachettes sont souvent les mêmes d’un camping-car à un autre, donc on évite de laisser sa Samsonite flambant neuve ou sa malle Louis Vuitton si on y tient comme à la prunelle de ses yeux LOL

Au final nous sommes partis pour 2 adultes et 2 enfants avec

  • 2 petites valises qui passent en cabine
  • 2 sacs Playa Playa qui passent en cabine
  • 1 gros sac à dos enregistré et mis en soute
  • 1 petit sac à dos (glissé dans le gros sac, nous sert pour balade)
  • 2 tote-bags comme bagage à main adultes (pratiques pour les balades, mettre le linge sale…)
  • 2 petits sacs de jeux comme bagage à main enfants

Combien : vous pourrez laver vos vêtements dans les camping-cars (hors parcs nationaux) grâce à des buanderies propres et très bien équipées. Pour ce faire : faire de la monnaie, prévoir d’amener de la lessive en poudre (4 dosettes), compter un cycle de 40 min pour laver et 50 min pour sécher. Votre linge ne reviendra pas plus blanc que blanc, autant vous le dire. Privilégier évidemment les vêtements auxquels vous n’êtes pas trop attachés et qui supportent le séchoir. Car faire sécher ses vêtements dans le camping-car, c’est l’horreur.  Au cours de nos 20 jours, nous avons lavé nos vêtements à 3 endroits, sachant que 2 auraient été suffisants.

Au final, ne lésinez pas sur les sous-vêtements et chaussettes, leggings et survêtements (2 de chaque pour les kids) et pulls-polaires (3 min par personne), et t-shirts (environ 6). Côté chaussures, prévoir 4 paires par personnes : chausssures de rando, baskets, tongs, chaussons. Il ne faut pas imaginer moins, car si vous prenez la pluie, il faut parfois attendre 4 jours pour parvenir à sécher une paire ! Casquettes et foulard pour tout le monde !

Nos amis et voisins de Montmartre étaient au Québec sur la même période, ils finissaient leur road-trip par quelques jours dans un superbe village-nature situé tout près de la ville de Québec. Au milieu des forêts, ces Chalets au bois rond vous feront penser à première vue à Center Parcs, mais chaque chalet a sa propre signature, sa propre identité et ses propres équipements pensés par son propriétaire. En commun cependant : de l’espace de toute part, des zones de jeux (billard) et de relaxation privatives (sauna, jacuzzi), et un ponton avec pédalo sur un petit lac partagé avec quelques autres Chalets. Cette destination est effectivement parfaitement pour clôturer un road-trip, en gagnant en confort et en espace, tout en restant connecté à la nature, et proche de Québec pour une dernière visite.

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Jour 4 : départ pour le parc national Jacques Cartier

Nous partons après le petit-déjeuner, en faisant un crochet dans une épicerie du coin. Nous serons bien équipés pour notre première expérience dans un parc national, dont l’ensemble des adresses sont gérées par Sépaq. A l’arrivée, vous devez vous signaler au centre de services, qui vous remet des petites vignettes à laisser derrière le pare-brise et sur votre emplacement, ainsi qu’un guide du parc extrêmement bien fait. Toutes les infos pratiques y figurent, les différents sentiers (temps de parcours, niveau de difficulté, localisation), les activités possibles avec les kids (beaucoup sont gratuites). C’est hyper bien organisé ! Notre emplacement propose 1 service, à savoir l’électricité. Toutefois sachez qu’il y a possibilité de faire le plein d’eau et de réaliser votre vidange, il suffit de demander au centre de services où cet espace se situe sur le parc. Sinon des douches communes (payantes) sont proposées proches de votre emplacement, avec WC et lavabos. En règle générale, la propreté est vraiment au rendez-vous et les campeurs très respectueux des règles de vie (gestion des déchets, couvre-feu, respect de la faune et de la flore…). Nous profitons de l’après-midi pour faire une balade à la rencontre de jolies cascades et la terminons par une “causerie” sur le mode de vie des castors. Un guide du parc nous a offert un moment passionnant et interactif sur ce mammifère qui mène une vie si proche de la nôtre, avec des talents hors du commun pour construire et protéger son foyer. Juste impressionnant !

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Nous avons décidé de prendre notre repas au chaud et à l’abri des insectes, la nuit fut d’ailleurs plutôt fraîche dans le camping-car. Et c’est un repas de chef que nous avons réalisé ce soir-là : des lasagnes bio, juste dingue ! Notre camping-car était équipé d’un grand frigo, d’un four et de plat adapté, avec les gants de cuisson. C’est fou comment pendant ces vacances, trouver des idées de repas et cuisiner étaient loin d’être une corvée ou une contrainte.

La nourriture au Québec

J’avais souvenir que culinairement parlant, sous influence britannique et américaine, le Québec n’était pas forcément du goût de tous les palais français et que si vous viviez à la québécoise, vous alliez forcément ramener en souvenir quelques kilos de gras sur l’abdomen. Je n’y ai pas échappé avec +3kgs à chaque séjour…et pourtant, on a majoritairement cuisiné nous-même, avec quelques restos…et quelques gourmandises sucrées. Et c’est là que le bas blesse : leurs pâtisseries et spécialités sont MEGA sucrées, de vraies bombes de sucre (je vous en reparlerai un peu plus loin).

Voici quelques conseils pour faire vos achats de nourriture :

  • Ne pas hésiter à faire de grosses courses à l’épicerie (i.e. notre supermarché, type Métro/IGA/Super C). Pour vous dépanner, eh bien vous avez…les dépanneurs (nan, pas pour la voiture, mais bien pour la maison !), et les stations essence, avec les bonnes marques de produits transformés américaines : du Heinz, du Coca, du Quaker, des sandwiches et des viennoiseries sous vide…
  • Ne pas lésiner sur l’achat de légumes car les frites sont souvent l’accompagnement principal au menu et le choix de restaurants est très très limité hors grande agglomération. Vous trouverez par contre sans aucun mal l’enseigne Tim Hortons (fast-food canadien), chez laquelle nous n’avons pas mis les pieds.
  • Le rayon bio n’est pas très développé dans les épiceries de petites à moyennes villes, mais il est existant et semblable à ce que vous pourriez trouver dans un Carrefour ou Casino. Par contre, dans les très grandes villes, vous trouverez des équivalents de Naturalia ou Biocoop sans aucun mal. A savoir que vous pouvez faire confiance aux produits provenant de l’Ile d’Orléans (fraises, bleuets, pommes…) car l’agriculture y est majoritairement raisonnée et la qualité des produits s’en ressent.
  • La pharmacie est souvent bien équipée en produits ménagers et petit nécessaire pour les vacances (nappe, couverts, jeux, allume feu). Un vrai drugstore quoi ! Le leader est Jean Coutu que vous aurez aucun mal à identifier. Vous pourrez aussi y acheter votre lotion anti-moustique, car les nôtres sont réputées inefficaces au Québec.
Jour 5 : direction le lac Saint-Jean

Quel bonheur de se réveiller, d’ouvrir les rideaux et voir ces arbres, et sentir déjà les crépitements des feux de nos voisins-campeurs dont la nuit a du être encore plus fraîche sous la tente ! Nous faisons un dernier crochet sur la place de jeux sympa avant de reprendre la route, histoire que les enfants puissent se défouler un peu et prendre le soleil.

L’autoroute qui mène au lac Saint-Jean est sublime et faite de grandes montées et descentes. De chaque côté, des lacs et des forêts à perte de vue, puis soudain le paysage change brusquement. A vous les champs, les nombreuses fermes (modernes !). A savoir que le lac Saint-Jean n’a rien à voir avec les lacs de montagne avec les sapins pieds dans l’eau jusqu’ici croisés, le lac Saint-Jean se confond avec l’horizon et en toute transparence, n’a rien de très charmant sur le versant Sud (nous n’avons pas fait le tour en vélo, activité qui semble assez prisée).

Avant de rejoindre le lac, nous nous rendons au parc de la caverne « Trou de la fée » et choisissons de réaliser le parcours court (2h30) comprenant marche le long d’une grande rivière et en forêt ainsi qu’une visite guidée de 30 min dans la grotte. Alors que la marche est accessible à tous (bébé en portage ou sac à dos, enfants sachant bien marcher), nous conseillons la visite de la grotte aux enfants à partir de 5 ans. Nous avons particulièrement apprécié la Coulée verte, le chemin emprunté depuis la grotte sur le retour : observation des pêcheurs immergés dans l’eau, passerelles suspendues, pleins de spots aménagés pour faire un break, découverte des vestiges d’une dynamo qui alimentait la fabrique locale de pâte à papier, sentier avec petits ruisseaux.

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Il est temps de nous rendre au village historique Val Jalbert, proche duquel se situe notre camping (2 services). On sent l’activité très touristique à réception du plan et du leaflet du lieu. J’ai des petits doutes sur l’authenticité de ce village “reconstitué”, dans lequel il est même possible de dormir. Nous avons une bonne heure et demie devant nous et débutons la visite du lieu, en passant par l’ancien couvent-école et arpentant l’artère principale avec son magasin général et quelques anciennes maisons. La pluie nous donne une bonne raison d’emprunter le trolley du parc et rejoindre notre camping car. De toute manière, dans ce camping, pas d’intimité possible : nous sommes tous garés les uns à côté des autres sur une pelouse. On nous annonce que malheureusement, notre emplacement avec vue sur le lac St Jean n’est plus possible. C’est un bien pour un mal : ils donnaient directement sur l’autoroute…avec au loin, certes, le lac. Mis à part ceci, le camping est ultra pratique car accessible à pied du village, et bien équipé côté jeux pour les kids.

Jour 6 : lac Saint-Jean et fjord du Saguenay

Nous poursuivons la visite du village historique de Val-Jalbert et nous rendons cette fois directement à pied jusqu’à la mini-centrale hydroélectrique (en fonctionnement), qui jouxte les vestiges de la petite turbine de l’époque. Le sentier du canyon qui y mène, le long de la rivière Ouiatchouan, est absolument charmant ! C’est ainsi que nous prenons le téléphérique pour pour admirer le panorama sur le village et le lac, et petit sentier pour admirer d’autres cascades.

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A notre retour au village, ne manquez surtout pas de visiter les maisons d’époque en enfilade, et de visiter celles dont la porte semble ouverte. Elles renferment souvent un petit musée avec témoignages de petits enfants d’habitants, accessoires et ameublements de l’époque. Alors que j’avais le sentiment de me retrouver dans un studio Disney avec des personnages en costume et des petites maisons créées de toute pièce, je suis conquise par l’authenticité de ce village et sa quarantaine de bâtiments d’origine. road-trip-famille-quebec-lac-saint-jean-village-val-jalbert_3Mieux, on ressent la vie et une certaine émotion à marcher sur les pas de ces villageois courageux.  A noter qu’il y a bien d’autres animations et visites possibles. De notre côté, nous empruntons le sentier des écoliers pour visiter l’étage du couvent-école, où les soeurs vivaient : chapelle, chambres, cuisine, salle de bains, coin de lecture. Tout est si bien conservé malgré ses 100 ans d’existence !

Après 2h de visite, il est temps de prendre la route pour Matshteuiatsh et le site de transmission culturelle Ilnu. La camping-car posé sur le parking, nous prenons notre repas au bord de l’eau sous un soleil de plomb (et bim le coup de soleil).La communauté amérindienne des Pekuakamiulnuatsh est établie autour du Lac St Jean, les regroupements se faisant l’été tandis que automne et hiver ils allaient chasser et remontaient les rivières. Des guides et artisans locaux présentent chacun dans sa tente différents arts et constructions  : tannage des peaux, fabrication d’objets et canaux en écorce d’érable, travail du bois, poste de trappe jusqu’au magasin général. Le discours est vivant, les démonstrations d’objets permettent d’apprécier le savoir-faire ancestral et les enfants sont passionnés par les histoire de troc et  de vente de fourrure jusque dans les années 80. Une femme nous confie que les coutumes persistent et trouvent toute leur place lors d’événements familiaux (rituel de purification du nouveau né, la cérémonie des premiers pas lors desquels l’enfant est vêtu d’habits traditionnels) ou de rassemblement ou festivals. Lors de notre passage, les enfants n’ont pas pu créer des objets mais cette activité est normalement proposée. Renseignez-vous avant votre visite. La nôtre a duré environ 1h30.

Nous quittons le bord du lac pour rejoindre le Fjord de Saguenay et nous retrouvons l’air frais de la montagne, le paysage de petits lacs avec ses épicuriens allongés sur une chaise et sous une couverture sur un ponton. Cliché, mais si apaisant à regarder ! Surtout que ces petits chalets et ces instants sont peu visibles, on imagine un océan de tranquillité. Et on se demande vraiment à quoi va ressembler notre camping de montagne au milieu de nul part. Une bonne surprise : au bord d’une rivière, le camping L’Anse de St Jean Camping les 4 chemins (3 services) est très classe, bien équipé, à taille humaine, proposant une petite piscine et des jeux, et une buvette avec des dîners-spaghettis et chansonnette avec la bonne ambiance qui va avec. Nous y sommes sentis super bien, ça valait bien une petite tournée de pancakes le lendemain matin  !

Jour 7 : l’Anse St-Jean puis Tadoussac

L’Anse St Jean mérite qu’on s’y arrête. C’est vraiment tout petit avec un millier d’habitants mais avec quelques attractions pour un stop sympathique. Tout dépend du temps à disposition : une virée en navette pour un tour dans le fjord toute la journée, une sortie kayak, la visite d’une dizaine de maisons d’époque du 19ème et début du 20eme siècle. Nous nous offrons notre 1er vrai repas traditionnel dans le restaurant panoramique restaurant Chez Montagner pour déguster de la pizza au cerf et une tourte à la viande.

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Sur le chemin du retour, une halte s’impose dans une petite chocolaterie locale bio, Kao. Les spécialités de la chocolatière à base de bleuets, noix de cajou, sirops d’érable sont à tomber et extrêmement fins. Vous y trouvez aussi un choix de produits locaux bio (tisanes, confitures…). Nous avons fait notre stock de chocolat pour accompagner la tisane du soir sur une bonne semaine. Parfait !

J’ai bien aimé la sucette et la tablette de chocolat aux noix de cajou !  C’était drôle de voir la dame avec un chapeau sur la tête pour pas salir ses cheveux. Agathe

Passé le Petit Saguenay, une longue route est à parcourir pour rejoindre la Baie Sainte Catherine et emprunter le traversier (gratuit, fréquent et rapide) qui mène à Tadoussac. L’expérience d’un traversier est excellente…et remontent à la surface mes souvenirs de ferry quand je partais en Angleterre toute collégienne que j’étais…ou encore quelques bribes de Nuit Blanche à Seattle.

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Et bien pour l’aspect romantique, on est servi à Tadoussac ! Dire que je m’y étais rendue il y a 25 ans, mais n’avais pas souvenir de ce village charmant. J’y logeais dans une auberge de jeunesse bien animée, devant laquelle nous avions chanté…je crois que notre troupe de 50 choristes n’avait pas marqué de halte. Ne faites pas cette erreur.  Il y a plein de petits pubs et cafés au bord de l’eau ou sur la grande rue, une plage avec possibilités de jeux de sable avec bébé, une petite chapelle indienne à visiter ainsi qu’un poste de traite…et si le budget vous le permet, un très bel hôtel.

Nous poussons notre véhicule récréatif (quel joli nom, quand même !) jusqu’au camping Bon Désir (3 services) à Bergeronnes à l’extrémité du parc marin du Saguenay St Laurent. Notre emplacement au bord du fleuve est magnifique et tellement sauvage !

Par contre notez que l’accueil et les autres équipements (espace de jeux, sanitaire, animations) demeurent très éloignés.  Aussi conseil de campeur : pensez à demander un adaptateur à la réception pour avoir du 50A au lieu de 30

Jour 8 : voir les baleines…danser à Saint-Dilon !

C’est l’excursion à ne pas manquer, vous l’aurez compris avant même d’avoir posé les pieds au Québec. Là aussi, je ne traînais pas foncièrement des pieds, mais bon, voir des baleines, ce fut chose faite il y a 25 ans d’un peu loin de mon grand bateau sur lequel j’avais sans doute eu très froid.

Nous nous sommes rendus aux Escoumins pour aller voir les baleines avec la compagnie Neptune. Sa particularité ? le zodiac est vitré mais les fenêtres s’ouvrent donc super confort (place assises) pas glacial et plus sécurisant (idéal pour les kids). Nous n’avons pas eu besoin d’enfiler leurs vestes de marin humides LOL. Le spot de départ est sublime, avec un magnifique soleil en prime. Notre visite commençait plutôt bien.

Nombreuses explications ont lieu à bord sur la présence des baleines, leur mode de vie (alimentation, reproduction…), cela permet de faire passer le temps car une fois arrivés sur le spot, c’est donc l’attente et d’un coup le silence. Alors que cette activité est clairement touristique, elle reste très encadrée et ne s’est pas transformée en défilé bruyant de zodiacs. Ouf ! Alors que nous sommes arrêtés depuis à peine 5 minutes, une baleine à bosse fait son apparition. De coutume, on distinguera son aileron puis sa queue quand elle vient reprendre de l’oxygène en surface. Mais là, c’est un balai nautique. La voilà qui saute, et saute encore, déployant son corps de 15 mètres de long, c’est un spectacle unique qui s’offre à nous, un miracle de la nature qui dure plusieurs minutes. Nous sommes, adultes et enfants, surexcités comme des puces et avons envie d’embrasser notre voisin tellement c’est beau et surtout exceptionnel, comme en témoigne notre guide. Nous avons eu tellement de chance, et serons de ceux qui feront passer le mot que Tadoussac reste un lieu incontournable à visiter au Québec.

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L’excursion rythmée par d’autres rencontres se termine 2h15 plus tard. Et pour nous remettre de nos émotions, nous nous rendons au restaurant La Pêcherie Manicouagan aux Escoumins. Ses points forts ? Une superbe vue sur le Saint Laurent, un large choix de spécialités de la mer, et une petite boutique attenante avec des produits de la mer (souvent décongelés, donc bof).

Nous faisons ensuite un break au village innu avant de prendre le traversier. Une superbe et grande place de jeux (à côté d’une crèche et avant une station essence) est parfaite pour faire patienter les enfants, puisqu’il faut toujours se présenter 1h avant le départ. La traversée dure 1h30, avec petite restauration à bord.

Attention ⚠️

Pensez à réserver votre traversée bien à l’avance ! Seulement 2 départs par jour, horaires à vérifier sur internet. Une réservation est possible online mais idéalement, faites le par téléphone en cas de véhicule récréatif.

Nous arrivons en Gaspésie, une presqu’île autrefois fréquentée par les gens de la bourgeoisie dont la superficie est équivalente à la Belgique mais avec 128’500 habitants ! Un peu comme Tadoussac, la Gaspésie, c’est beaucoup de ah, de oh…en attendant, en 20 minutes à peine, nous arrivons au camping Rioux du Parc National du Bic (1 service) pour y passer une bonne nuit.

Jour 9 : Parc National du Bic

Au moment de prendre notre petit-déjeuner dehors sur notre emplacement, un petit voisin s’invite, pas très peureux : un lapin. On se dit que c’est pas si étonnant, puisqu’une ferme est annoncée à quelques pas d’ici. Nous partons donc en randonnée jusqu’à cette magnifique ferme, qui dispense des explications interactives sur la faune et les phoques (à observer sur le parc). Muni de notre petite carte, nous partons pour une très jolie balade facile  (le sentier Grand Nord) au bord du Saint Laurent avec jolies plages, petites maisons d’époque, site archéologique avec reste de campement d’autochtones et même un café ultra ravissant. Nous arrivons facilement proche du Cap, que nous souhaitons atteindre en bout de plage. Ce n’est plus un sentier qui nous attend mais des falaises, des cailloux à escalader. Si vous n’êtes pas bien chaussés, si vos enfants sont petits et hésitants, faites demi-tour et fiez vous surtout aux instructions données par le Parc (marée basse à observer). Nous avons fini par gagner le Cap et admirer le spot, avec un retour d’une bonne heure supplémentaire. La récompense fut de croiser une daine et un faon, comme ça, au bord du sentier. Les enfants se souviendront encore longtemps de Bambi au Parc Bic !

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Pour rejoindre l’autre parc national de la Cote, nous empruntons la route touristique jusque St Anne des Monts. Touristique car il y a bien des motels (et certains chalets mignons et colorés) et de campings (moins charmants) en bord de fleuve. On nous a clairement survendu Saint-Anne des Monts comme destination à ne pas manquer. Sans doute il y a encore peu, elle connaissait le même dynamisme que Tadoussac avec ses échoppes et ses petits commerces, mais ces derniers semblent avoir majoritairement mis la clé sous la porte hélas. Donc l’ambiance y est plus morose.

Le parc national de la Gaspésie ne semble plus très loin. Le lac est indiqué bien à l’écart du centre de services, je commence à sentir une petite inquiétude m’envahir car il est tard et le sentier qui se présente n’est pas goudronné. On s’enfonce pour 10 km de virages sinueux, poussiéreux avant de croiser, ouf, une petite cabane qui permet l’accueil et nous remet le traditionnel guide du parc. A priori une balade pas trop compliquée est possible à partir du lac, juste avant de prendre la pluie annoncée le lendemain. Entre nous, dans ce camping sans service (pas d’eau, d’électricité…), on se sent au bout du monde ! Pas le moindre rire ou bruit pouvant témoigner de la présence d’autres enfants…je crois bien que nous sommes sur un territoire de campeurs-randonneurs chevronnés. On verra si notre balade du lendemain le confirme !

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Jour 10 : la route la plus improbable de Gaspésie

Avant de partir en balade, nous faisons un crochet au lac dont seuls quelques arbres nous séparaient. C’est un superbe spot pour se ressourcer avec des chalets adorables et équipés. Canoë, barque, paddle sont proposés à la location sur un lac unique composé d’eau de pluie et de fonte glacière, propice au développement des truites. L’espace est peuplé de caribous.

Nous cherchons un certain temps le départ pour la randonnée recommandée, mais là Alex, le guide de la petite cabane, nous annonce que les seules randonnées accessibles avec enfants sont à 20 minutes de route. Comme c’est de toute manière sur notre route pour Gaspé, nous quittons le camping…sous la pluie. De quoi nous refroidir d’autant de faire une randonnée. Nous décidons de prendre la route, les enfants dormiront.

La route pour rejoindre Gaspé semble toute tracée, et pour la première fois, nous n’utilisons pas le GPS et nous fions aux panneaux : ERREUR !!!  Nous nous sommes retrouvés certes sur une route possible, mais quand même LA route forestière du parc faunique des chics chocs. Imaginez une route non goudronnée, avec de nombreux trous, plein de cailloux. Nous avons croisé que des camions chargés de troncs d’arbre laissant une traînée de poussière gigantesque. Le camping-car en fut envahi ! Il a fallu tout le nettoyer au bout de 60 longs kilomètres pendant lesquels nous étions tous stressés. On a voulu l’aventure, on l’a eue mais aucunement recommandée car 1) aucune connexion téléphonique durant le trajet 2) route super accidentée et pouvant causer des crevaisons (et vomito) 3) peuplé de chasseurs.

Après toutes ces péripéties, nous nous sommes arrêtés à Gaspé, sur la place Jacques Cartier. C’est ce dernier qui découvrit le Canada…à Gaspé et y plantât une croix en 1534. Le Musée de la Gaspésie et monument à Jacques-Cartier offrent l’opportunité de comprendre comment s’est développée et peuplée la région. Un peu plus loin nous nous sommes arrêtés au Café des Artistes, 101 rue de la Reine pour le déjeuner. Ancienne mairie de la ville, ce café ne manque pas de charme et propose des plats équilibrés et copieux. Il nous reste encore du chemin à parcourir donc nous ne découvrirons pas plus de la ville qui s’étend sur plus de 1400km2. Des mamans nous ont fortement recommandé la péninsule de Forillon, devenue Parc National Forillon.

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Percé mérite vraiment le détour. Déjà son panorama, avec son rocher Percé, ses falaises, sa ville animée avec galeries, restaurants et petits commerces de créateurs. Nous nous y arrêtons que la soirée, car malheureusement à notre arrivée, toute activité culturelle est fermée (notamment le Géoparc UNESCO  qui est un site d’exploration, d’observation, mais aussi de conservation de la richesse géologique. Créé en 2016, il propose activités et jeux pour toute la famille (randonnées guidées, tyrolienne, sentiers, grotte, plateforme suspendue…). Autre activité à faire lors de votre passage : vous rendre sur l’île Bonaventure, colonisée par des oiseaux, les fous de Bassan.

La pluie ne nous empêche pas de profiter d’un petit tour en ville, facilement accessible depuis notre Camping du Village Percé  (3 services) avec emplacement au top puisque vue  sur le Rocher et aux 1ères loges pour l’espace de jeux. Nous allons manger saumon et poissons au restaurant La Maison du Pêcheur, excellente adresse, une des meilleures de notre séjour. Tout est très fin, dans un cadre très chaleureux. Les enfants sont invités à dessiner et laisser leur œuvre en souvenir.

Jour 11 : La Baie des Chaleurs, really ?

J’avais cherché des campings sur la cote touristique mais n’avais rien de trouvé de charmant, ni de confidentiel et au hasard de ma navigation sur internet, suis tombée sur Cime Aventures, à Bonaventure, un centre de villégiature qui propose différentes activités nautiques et terrestres. Ce qui m’a interpellée, ce sont leurs maisons dans les arbres mais hélas toutes complètes sur notre séjour. Mais il y avait aussi l’option tipi, je me suis dit que les enfants adoreraient. Nous pouvions coupler ceci avec une descente familiale guidée de la rivière Bonaventure, l’une des 10 rivières au monde les plus pures et dont l’eau est potable. Bingo ! Nous enfilons combinaisons isoprènes et saisissons nos pagaies pour un superbe parcours de 2h30. L’eau est effectivement très transparente, la descente permet quelques stops, voire baignades pour qui aurait eu trop chaud (et a beaucoup pagayé quand le courant était défavorable !) et l’observation de jolies maisons au bord de l’eau avec un drapeau acadien (drapeau français avec une étoile dorée). Drapeau qu’on ne cessera de croiser et de voir décliner en maints objets le lendemain. Les acadiens, ce sont les premiers Canadiens français qui furent délogés par les Anglais, dont certains en Louisiane.

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J’ai bien aimé le kayak. J’ai adoré les petites maisons et descendre la rapide, et ça nous emportées. On a été bloquées avec maman dans les cailloux et papa a donné toutes ses forces pour nous dépasser. A la fin on était tellement fatiguées que papa nous a tirées.

Nous découvrons au retour de la balade notre tipi situé dans la zone active (comprenez avec un couvre-feu à minuit 30….ah) mais surtout au bord de la rivière. Le tipi ne propose pas de literie, donc nous ramenons draps, couvertures et coussins du camping-car. 1ère déception : le tipi n’est pas propre : énormément de poussière et d’éléments végétaux jonchent le sol, et la moustiquaire de la poste est rafistolée. On oublie tout cela très vite avec un petit bbq avec notre stock du camping-car (vaisselle, légumes et viande à griller). La nuit tombe très vite, et un bon dodo nous fera du bien puisque la route sera TRES longue le lendemain et on s’est bien dépensés ! Premier constat dans le tipi : il fait froid. On enfile nos polaires et remplit le poêle de buchettes, et sans peine tombons dans les bras de morphée. 2ème constat : il fait vraiment très très froid et le couvre-feu n’est pas du tout respecté. C’est la fête juste à côté et ce n’est pas une bâche qui va nous isoler de nos voisines alcoolisées. Résultat : à 6h du matin, tout le monde est levé sans avoir bien fermé l’œil de la nuit.

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C’était réjouissant et sympa de dormir au bord de l’eau, de découvrir de dormir dehors dans une tente. J’ai bien aimé le feu que papa a fait dans le tipi mais j’ai eu froid. Il y avait des perce-oreilles et on en a retrouvé dans le camping-car !

Jour 12: et d’aventure en aventure, de port en port jusqu’à l’Île aux Coudres

Les enfants peinent à se réchauffer et gardent leurs grandes couvertures pendant le trajet en camping-car qui nous fait quitter progressivement la Baie des Chaleurs. A Carleton sur mer, nous remarquons en route des yourtes sur eau, une super place de jeux, une base nautique, plusieurs gîtes et restaurants en bord de mer, et un camping sur la pointe (recommandé par des locaux). A noter si vous recherchez un pied à terre moins aventureux que celui présenté précédemment.

Nous voici au New Bruncwich, et hop décalage horaire ! Le drapeau acadien est de partout : sur les boites aux lettres, les petits moulins ou bateaux qui servent de décoration, l’étoile orne les murs des maisons…jusqu’aux stations essences avec plein de gadgets. Nous comprendrons quelques jours plus tard que la fête nationale des Acadiens est le 15 août, donc ceci explique cela.  Nous retrouvons quelques heures plus tard, après avoir frôlé le Maine américain, la province canadienne pour notre 1ère traversée à Rivière du Loup. Le timing était clé car des horaires spécifiques sont fixées et mieux vaut toujours arriver en avance (surtout avec un véhicule récréatif) pour s’assurer du passage car aucune réservation possible sur ce traversier payant.

Circuler au Québec

La plupart des autoroutes sont gratuites. Sur tout notre parcours, aucun péage.

Le prix de l’essence reste peu élevé (1€/l) mais la facture grimpe vite avec un camping-car qui en consomme 10 fois plus qu’une voiture. Le prix de l’essence peut faire un grand écart selon l’endroit où vous vous situez. Typiquement au New Brundwick, elle était plus que raisonnable. Arrivés à Montréal, à l’approche du week-end prolongé de la fête du travail, nous avons constaté un prix très élevé. Le budget essence pour nos 15 jours de camping-car et 3200 kms parcourus s’élève à 800€.

Les routes sont souvent mal entretenues ou en travaux : il est fréquent de voir des bouts de pneu en bord de chaussée ou des grands ralentissements (surtout aux abords de Québec et Montréal). Donc anticipez les trous tout comme votre temps de trajet !

Les feux de circulation sont situés en hauteur et en face au carrefour.

Des panneaux jamais vus dans vos cours de code vous interpelleront, ou inviteront à rester aux aguets, notamment quand il y a possibilité de collision avec un animal sur plusieurs kilomètres.

Nous arrivons une heure plus tard à Saint Siméon, ultra charmant Toute la route qui nous sépare des Ecoulements, dans la région de Charlevoix ne manque pas d’attrait. Elle mériterait que nous fassions quelques stops mais la route est trop longue ce jour-ci et un autre traversier nous attend pour atteindre l’Île aux Coudres (gratuit, service toutes les 1/2h jusqu’à 18h30, puis toutes les heures jusqu’à 23h).

Bienvenue à l’Ile-Aux-Coudres, que Jacques Cartier nomma en raison de ses noisetiers. 23km seulement pour en faire le tour, c’est donc très rapidement que nous arrivons sur l’un des 3 campings de l’ile : le camping motel Leclerc (3 services). Nous faisons connaissance avec nos voisins québécois, super sympas à qui nous racontons nos péripéties en Gaspésie. Et d’autres ne manquent pas d’humour en entourant notre camping-car de bombes à eau roses lol. Après la nuit dans le tipi et plus de 10h de route, nous poser à 22h dans notre camping-car chéri devient un vrai luxe !

Jour 13 : découverte de l’Ile aux Coudres

Peuplée d’à peine 1’200 habitants, cette île ne manque pas d’attrait et d’activités à réaliser. Tout comme au village touristique de Val-Jalbert, je m’étais imaginée une armada d’attrapes-touristes. Finalement, l’île reste à son état sauvage, les commerces et activités répartis sur toute l’île, se parcourant tant en vélo ou en voiture.road-trip-famille-quebec-velo-ile-aux-coudres

Nous avons choisi d’en découvrir une partie (et bien nous a pris) en quadricycle loué chez Velo-coudres pour 1 heure de balade. Possibilité est donnée de louer à la journée mais 1) il y a beaucoup de côtes sur cette île donc la pratique est déconseillée en quadricycle ou du vélo avec des jeunes enfants en vélo 2) conduire un quadricycle, c’est du sport ! Nous empruntons le chemin des coudriers puis un sentier au bord de l’eau très tranquille et charmant.

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Le reste de l’ile sera donc fait en voiture avec un arrêt à la fameuse boulangerie Bouchard dont les tartes de grand-mère et pains au sucre sont réputés (mais over, over sucrés et assez fades, donc déception de notre côté !), passage devant de jolies minuscules chapelles, émerveillement devant un spot de kite-surf, déjeuner à l’hôtel-restaurant Cap des Pierres (repas. Son intérêt : structure de jeux et terrain de jeu de palet pour les kids), visite guidée des Moulins de l’Isle aux Coudres (moulin à eau et à vent, maison de meunier, barrage, expositions artistiques et interactives. A faire ! Compter 1h30), shopping et dégustation à la cidrerie Pedneault.

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Nous repartons vers 16h30 pour rejoindre une autre île, cette de l’Ile d’Orléans. Pour ce faire, traversier, autoroute puis traversée du pont au niveau des Chutes de Montmorency.

A savoir que nous traversons la Baie Saint-Paul, qui vaudrait vraiment l’arrêt tellement c’est charmant ! N’hésitez pas à vous y arrêter si votre planning le permet.

Nous arrivons vers 19h30 dans le seul camping 5* de notre parcours, le Camping Orléans (2 services) situé au bout de l’île. 5* car équipé d’une grande piscine, qui malheureusement était non fonctionnelle lors de notre passage…et de toute façon fermée car nous arrivions encore une fois un peu tard. Par contre, notre emplacement au bord de l’eau et de la structure (impressionnante) de jeu était idéal encore une fois pour que les enfants se dégourdissent les jambes pendant que nous nous installions.

Jour 14 : Visite gourmande de l’Ile d’Orléans et arrivée à Québec

Si nous avons peut-être fait quelques erreurs dans le choix de notre parcours, inscrire l’Ile d’Orléans en fin de parcours était une bonne chose. Car vous serez tentés d’acheter un certain nombre de gourmandises lors de votre séjour, et finalement, tout peut se trouver sur cette île dédiée à l’agrotourisme. Et vous ne serez pas étonnés de retrouver les produits distribués dans bien d’autres régions du Québec, à un tarif un peu plus élevé.

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Dans l’ordre, depuis notre Camping jusqu’au pont de l’Ile d’Orléans sur le chemin royal, nous nous sommes rendus à :

  • La Confiserie de la Vieille Ecole : nous avons acheté fudges et sucettes au chocolat artisanaux. Encore beaucoup trop sucrés à notre goût
  • La Ferme Audet. Le producteur nous a fait déguster différents fromages de chèvres et comme nous avions encore 2 jours de camping-car, nous nous sommes laissés tenter. Délicieux ! Ce très sympathique producteur vend également des cosmétiques réalisés à base de lait de chèvre.
  • La Chocolaterie. Après le passage à la Confiserie, nous n’avions plus trop envie de sucreries. Si vous passez plus tard dans la journée, sachez que des glaces maison y sont servies. La petite terrasse sur jardin semble reposante.
  • L’Erablière Richard Boily, 2977 chemin Royal. Petite production artisanale locale proposée avec une visite guidée et une dégustation. Charmant !
  • La Ferme bio Poulin-Turcotte. J’ignore si cela sera toujours le cas lors de votre prochaine visite, mais pour nous, une cabane libre-service de légumes et de plantes aromatiques y était dressée.
  • La Nougaterie, 1367 chemin Royal. Dégustation et achat de très bons nougats locaux. Nos préférés ? Le classique, sirop d’érable et bleuets.

Sur notre route, nous croiserons bien d’autres spots pour acheter des fraises, bleuets, pommes…vous aurez le choix entre des vignobles, des fromageries. Du côté de Saint-Laurent  et Saint-Jean, vous trouverez restaurants et galeries d’art. Et un peu partout, la possibilité de faire de l’auto-cueillette. Ce que nous ne tenterons pas car le temps s’est gâté.

Les secrets du sirop d’érable

  • L’érable à sucre existe seulement au Québec. Sa particularité ? Il boit l’eau du sol et la place entre le tronc et l’écorce. C’est son anti-gel, car le soleil, il n’en passe jamais au travers de ses branches.
  • Ce qui est donc recueilli n’est donc pas de la sève d’érable, mais bien de l’eau d’érable
  • Cette eau, l’arbre s’en décharge au sol quand les beaux jours reviennent, autour de la dernière semaine de mars.
  • C’est l’accumulation d’amidon au niveau du tronc qui rend l’eau sucrée.
  • Des tubulures sont faites pour traverser l’écorce et recueillir le précieux sésame. L’arbre doit avoir à minima 40 ans d’existence.
  • L’eau sucrée est ensuite chauffée, pour obtenir le sirop

Nous arrivons en 30 minutes à Québec et posons non pas nos valises mais notre camping-car sur un parking permettant le stationnement prolongé à la marina sur le Vieux Port (Bassin Louise). Dormir sur un parking, c’est d’un glauque, mais vous me direz, c’était aussi notre baptême de feu ! Au final, nous n’avons aucunement regretté ce choix car nous étions situés au bord de la marina, avec vue sur le Vieux-Québec, et nous n’étions que 4 véhicules récréatifs pour passer la nuit sur ce grand parking donc aucun souci de promiscuité !

Nous avons quelques heures devant nous pour débuter la visite de Québec et commençons par la basse ville. Cette dernière vous offre un accès rapide aussi bien au quartier Saint Roch (quartier des affaires, avec chaines de magasins et restaurants. Un guide recommandait ce quartier qu’on a trouvé très vide en fin de journée), qu’à la vieille ville (quartier Chaplain). Privilégier les commerces et les restaurants à proximité de la marina, moins touristiques que dans les ruelles en bas du funiculaire. Nous prenons ce dernier pour rejoindre la place du Château Frontenac, toujours très animé par des spectacles de rue ou autres activités organisées par l’office du tourisme. Nous nous dirigeons vers la rue Saint Jean, qui, après la porte, offre un choix très sympathique d’épiceries et bars locaux comme ethniques.

Jour 15 : Je me souviendrai…de cette dernière nuit !

Un magnifique soleil nous attend pour cette matinée à Québec. Vraiment nous aurons été chanceux avec le temps en ce mois d’août. Il peut faire très frais en soirée, et notamment dans les parcs donc n’oubliez pas vos polaires…comme vos affaires légères…notre séjour à Montréal vous le confirmera !

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Au programme de la matinée la visite guidée de Citadelle de Québec. Elle est le siège d’une base militaire toujours active. Elle fut érigée en 1820 par les britanniques pour se protéger des Etats-Unis et représente la plus grande citadelle d’Amérique du Nord. Elle abrite une prison, une chapelle (pouvant permettre aux familles des militaires morts au combat de se recueillir, un mémorial aux drapeaux, la résidence du gouverneur dont l’intérieur ne se visite pas. L’intérêt de cette visite (à faire par jour de beau temps car en extérieur) tient dans les explications. Grâce à notre guide acadienne, nous en apprenons tellement sur l’histoire du Québec, et pas seulement militaire :

  • Sa devise Je me souviens de mes origines, de ma langue, de mon histoire, Je me souviens de mes frères
  • Ses animaux représentés : le castor sur l’écusson (notre ami le castor !!!), la chèvre mascotte du régiment offert par la Reine d’Angleterre, le Bouc Bâtisse parce que dans une bataille, il se bat jusqu’à la mort et va tout donner
  • Les Acadiens : ce peuple indépendant, francophone (ils furent les premiers français normands à s’installer), déporté et séparé sous le régime britannique, attaché à leurs coutumes, leur dialecte…
  • La signification de Québec (là où les eaux se rétrécissent) que nous constatons de nos propres yeux du haut de la Citadelle qui offre une vue époustouflante sur le Château de Frontenac et la Saint Laurent

Vous pouvez coupler cette visite guidée avec le matin-même à 10h la relève de la garde (ou y accéder le lendemain avec votre même ticket) mais aussi avec la visite du musée (intérieur) sur la constitution du Royal 22e régiment en 1914, de sa participation aux 2 guerres mondiales jusqu’à sa participation à la guerre en Afghanistan (100 ans d’histoire). L’histoire des 3’000 Canayens, canadiens français, partis au combat sans être tout à fait préparés à faire cette grande guerre, mais très fiers de représenter leur province.

Dernière halte au Marché du Vieux Port : si vous n’allez pas sur l’île d’Orléans ou l’Ile aux Coudres, vous retrouverez tous les petits producteurs à des tarifs proches de ceux appliqués en local. Parfait pour rapporter des souvenirs gourmands !

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Nous prenons la toute, direction le parc national du Mont-Orford, situé à 120 km de Montréal. La route n’a rien d’agréable ou de charmant, rien que de l’autoroute, et beaucoup de travaux sur la chaussée. Par contre, dès que vous sortez de l’autoroute pour Mont-Orford, vous sentez que vous êtes dans l’havre de paix recherché des Montréalais. Que des gites et sites super coquets pour une mise au vert immédiate. Notre camping (sans services) se situe dans le secteur du lac Fraiser. Nous y faisons tout de suite un saut, tant qu’il fait encore jour car c’est apparemment un très beau spot. Et vraiment, nous sommes sous le charme de cette superbe plage et ce joli paysage. Si il est trop tard pour nous baigner, les jeux en bordure de plage sont comme partout magnifiques, et nous savourons, pour une dernière fois, ce moment de calme avec la nature. Sans être dévorés par les moustiques (un exploit visiblement !).

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Dernier repas du soir, dernier bbq et un joli feu…animé par les petits bruits de ratons-laveurs qui ont apparemment envahi les lieux. Cela n’a pas empêché les enfants de passer une bonne nuit, ce qui ne fut pas le cas des parents : bagages à faire et stress d’arriver à l’heure de remise du camping-car.

Jour 16 : nos adieux au camping-car et arrivée à Montréal

Nous retrouvons quelques familles croisées au gré de notre périple en ce mardi matin, que des Français avec le sourire et l’envie de raconter son voyage. On nouerait presque amitié sur le parking de notre loueur : oui, le camping-car crée des liens ! On retrouve Bernard, notre gentil-formateur, (ancien cadre informatique, qui a décidé de reprendre ce job part time pour sa retraire et s’éclate, vive le travail des séniors, je vous dis, au Québec, ils sont très représentés !) qui nous emmène jusqu’à la station la plus proche en métro. Le choc. Fini la zénitude, les sourires, et les petites maisons dans la prairie. Notre Airbnb situé dans le quartier du Plateau nous attend, et à peine poussé la porte que nous regrettons déjà notre camping-car. C’était le luxe. Là, tout n’est qu’Ikéa, saleté, uniformité, chaleur étouffante, meubles abîmés par les nombreux passages. Une petite sieste et ça repart. Pour un peu de marche en direction de la rue très commerçante Sainte-Catherine (intéressante en hiver pour découvrir la ville souterraine). Nous nous prenons à plusieurs reprises de vraies « showers », qui parviennent à peine à faire chuter les températures caniculaires. Ce qui me fait penser de vous conseiller évidemment de prendre avec vous : un parapluie. Si, si, il nous aura servi à plusieurs reprises.

Petit quizz en famille : qui saura deviner ce que sont…

  1. Le casse-croûte
  2. La vente de garage
  3. Le dépanneur
  4. Le bar laitier
  5. Le SAQ

Je ne vous donne pas les réponses, que vous trouverez au gré de votre séjour. Un petit indice (entendu dans un jeu-télévisé québécois, genre « Une famille en or ») : le 3 et le 5 font partie du top 3 des lieux les plus fréquentés en semaine.

Jour 17 : Montréal for kids

Les premières heures de la veille ont été pénibles pour les kids et nous auront rappelé combien la découverte en camping-car fut parfaite pour les bambins, avec certes des visites et de la marche, mais pas cette cohue humaine, cette pollution atmosphérique et sonore. Donc pour cette journée, nous avons imaginé un programme 100% kids qui fut une réussite, concentré dans le charmant et animé quartier du Vieux-Port :

  1. Parc d’aventures Voiles en Voiles : des parcours aériens qui feront trembler petits et grands dans un immense bateau, une zone de jeux gonflables géants pour nos apprentis corsaires. Nous avons pris un pass de 2h, et y sommes restés quasiment 2h30. Du sport, des émotions fortes, unevue dingue sur le port, du dépassement de soi, de l’amusement à 100%.road-trip-famille-quebec-montreal-voiles-en-voiles
  2. Musée d’archéologie Pointe-à-Callière : entre expositions permanentes et temporaires, petits et grands trouveront leur bonheur et seront bluffés par la qualité et la beauté des parcours interactifs. Magnifique ! Nous avons pu parcourir les anciens égouts, les vestiges archéologiques de la ville de Montréal, les expositions temporaires « Pirates ou Corsaires » (pour les kids, un must) et plus succinctement « Reines d’Egypte » (qui vaut le détour sur une 2ème journée ! Jusqu’au 4/11)

Le parc pirate, c’était génial. Le 3ème étage m’a fait peur et j’ai fait beaucoup de progrès en attractions.ça m’a permis de m’entraîner pour plus d’aventures. Je suis arrivée à faire le parcours noir. Les jeux gonflables étaient cool car il y avait de l’eau, des escaliers, des toboggans. Agathe

Cette journée fut aussi parfaite puisque nous, adultes avons déniché 3 superbes adresses complètement à notre goût :

  • Rock Wood, 101 rue Saint Paul : bistrot canadien, convival et moderne, carte healthy et savoureuse, banquettes parfaites pour accueillir des kids, localisation parfaite
  • Crew Collective and Café, 360 rue Saint-Jacques. Le Café d’un des plus chics co-workings du monde, au rez-de-chaussée de l’ancien édifice de la Banque Royale du Canada. Carte healthy et délicieuse, parfait pour notre goûter !
  • Filet, 119 avenue du Mont-Royal : restaurant fusion food canadienne et japonaise, cadre très élégant sans être guindé, accueil très chaleureux, repas délicieux à base de poissons (sachant que la viande servie aux enfants était succulente, ils ont adoré leur plat). Sans le savoir, nous nous sommes rendus pour notre dernière soirée canadienne au gré de notre long promenade à pied dans l’un des meilleurs restaurants de Montréal (voir la revue de Tastet). Merci merci !
Jour 18 : Plateau Mont-Royal à Montréal

Il fallait vraiment s’attarder dans ce quartier où nous avions posé nos valises pour humer les tendances. Café, co-working, commerces, services…Montréal, c’est un petit New-York et ce quartier un peu de Brooklyn. Arpentez les rues : avenue Mont Royal, boulevard Saint Joseph, avenue du Parc, rue Saint-Denis…Prenez le temps de rentrer dans les cafés qui viennent d’ouvrir, d’admirer les rues résidentielles et tomber sur des pépites architecturales.

Vous êtes chargés de sacs ou encombrés avec vos valises que votre Airbnb ne peut garder ? Pas de souci, un dog-café vous les gardera sans souci le temps désiré (super service testé).

Voilà, vous l’aurez compris, ce voyage fut génialissime et nous a clairement donné envie de reconduire l’expérience du road-trip en camping-car. Des suggestions de destinations à nous donner ?

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Important : ce guide très complet a nécessité plus de 20h d’écriture (sans compter les recherches et la mise en page). Aussi toute reproduction, même partielle, des écrits et des visuels ne peut sans faire sans accord écrit de l’auteur (moi !). Merci de votre compréhension !