Saperlipopette! Voilà que bébé a encore les fesses toutes rouges. Un classique, me direz-vous. Mais hier, il avait la colique, et la semaine dernière une otite. Pourvu qu’il n’ait pas attrapé la varicelle de son compagnon de bac à sable, que vous avez bien identifiée, mais comme toujours trop tard, quand le chérubin a relevé la tête hors de son bonnet, et, soyez honnête, vous-même hors de votre journal. Vous n’avez pas fini de vous faire des cheveux, comme dirait ma grand-mère. Mais comment faisaient donc nos mamans pour se sortir de toutes ces maladies? C’est qu’en plus du pédiatre, elle n’avaient pas… les deux pieds dans le même sabot, et faisaient appel aux bons conseils de leurs ainées. Vous êtes prêtes pour un voyage dans le monde pittoresque de Mémé Mauricette, entre ses remèdes pas “piqués des vers” et ses expressions pittoresques? Bien sûr, ces remèdes ne sont valables que pour des bobos “superficiels” et ne remplaceront jamais les conseils et traitements recommandés par le pédiatre.

Quand bébé est tout enchifrené…

Il fait un froid de canard! Voici que bébé s’est enrhumé. Vous pouvez lui nettoyer le nez délicatement avec du sérum physiologique, ou mieux une solution d’eau de mer tel le vaporisateur Stérimar. Il en existe une version bébé et nourrisson qui s’utilise dès la naissance avec un embout adapté.

Vous pouvez également diffuser de la vapeur mélangée à de l’huile essentielle d’eucalyptus dans sa chambre, cela le soulagera quelque peu.

Vous aimez les oignons? Si non, il faudra vous y faire, ils sont d’une efficacité redoutable pour soigner les petits maux des enfants. Un oignon épluché et découpé en tranche sous le lit? “C’est croquignolet et cela ne sent pas la rose”, dixit Mémé, mais ça marche! Voilà le petit tout soulagé au réveil. Cela est valable aussi pour calmer une toux sèche.

S’il a plus de dix mois, vous pouvez aussi varier les plaisirs, et passer de l’oignon au… navet. La veille, il vous suffira de creuser un petit trou dans lequel vous ferez macérer du sucre roux toute la nuit. A l’aide d’une petite cuillère vous pourrez lui administrer le sirop obtenu le lendemain. Par contre pour la toux, comme pour le hoquet, on se méfie du miel sur la tétine, car votre nourrisson n’a pas le système digestif mature pour le tolérer, et ce, pas avant d’avoir au moins un an. Pour le hoquet, essayez plutôt de lui poser sur le front un papier ou tissu humide, ou pressez-lui doucement le lobe de l’oreille pour le distraire.

Il a les yeux collés? Vous pourrez les nettoyer avec des compresses imbibées de décoction de fleurs de camomille, que vous trouverez chez l’herboriste, votre nouvel ami.

On tombe de Charybde en Scylla

Voilà que votre enfant a une fièvre de cheval! Pas de panique, le premier petit truc qui se transmet de générations en générations, c’est le bain de 2 degrés en dessous de son niveau de fièvre, qui le soulagera. Mais savez-vous que vous pourrez également lui appliquer des petites compresses imbibées de vinaigre blanc sur ses petites chevilles? Une paire de chaussettes leur permettra de rester en place si le pitchoun n’a pas trop la bougeotte. Et si vous appréciez les remèdes à base de chaussettes, sachez que, toujours pour faire tomber la fièvre, nos grand-mères mettaient aussi à leurs petiots des socquettes fines imbibées de jus de citron! A moins que vous ne préfériez mettre une rondelle de pomme de terre épluchée sous les bras des plus grands, comme le faisaient certaines grand’ mas anglo-saxonnes… Évidemment, cela ne remplacera jamais la visite chez le pédiatre si la fièvre est persistante.

Mieux vaut prévenir que guérir

N’hésitez pas à donner à bébé de l’huile de foie de morue, ce qui l’aidera à être plus résistant aux microbes. Essayez l’huile de foie de morue bio De Bardo, son flacon ingénieux airless permet des microdosages de préparation que l’on peut ajouter au biberon. Et vous aussi pourrez en bénéficier! Reste à espérer que bébé en apprécie le goût, car c’est amer comme chicotin. Certaines mamies du Sud donnaient, elles, une cuillère à café d’huile d’olive à leurs petits tous les jours, pour dit-on avoir les os solides.

Crévindiou! C’est-y pas une otite qu’il couve, ton petiot?

Que voulez-vous, c’est ainsi, elles ont l’œil américain, nos mères-grand. Parfois même des solutions miracles. Vous reste-t-il encore des oignons? Si certains ont survécu à la dernière bronchite de bébé, ils vous seront là encore fort utiles. Tout d’abord, sachez qu’il vaut mieux traiter les deux oreilles, même si une seule est atteinte. Épluchez en un ou deux, coupez les en morceaux, de façon à obtenir l’équivalent d’une cuillère à soupe pour chaque côté. Chauffez les quelques secondes à sec, au micro-onde ou à la poêle, pour accentuer leurs effluves bienfaisantes. Pliez les dans un tissu fin, après test de la température posez les sur chaque oreille, et fixez ces compresses avec un bonnet noué sur le cou, pour au moins vingt minutes, voire quelques heures. L’histoire ne dit pas ce qu’il advint des oignons…

Mais il est tranquille comme Baptiste ce bébé!

Un peu mon neveu! Vous lui avez d’abord fait écouter de la musique douce. Puis vous lui avez tapoté le dos très légèrement de façon à reproduire les battements de cœur qu’il entendait dans votre ventre. Bon gré mal gré, vous l’avez promené, que dis-je bercé, en poussette ou en voiture. Au passage, vous n’avez pas oublié de lui mettre un collier de persil autour du cou pour prévenir du mal des transports. En désespoir de cause, vous lui avez donné un bain, dans lequel vous avez versé deux verres d’une décoction de coquelicots, que vous avez obtenu en faisant bouillir trois poignées de pétales un quart d’heure dans un litre d’eau. Pour finir, vous lui avez administré un remède vieux comme le monde : deux gouttes d’eau de fleur d’oranger dans son biberon. A savoir aussi que la marque suisse Milupa propose une boisson instantanée sur le principe de la tisane de fleurs d’oranger, à base de granules, dès six mois, pour aider à calmer bébé. Qui dort comme un ange à présent… Quant à vous, vous avez gagné votre paradis.

Quand l’os du foie lui fait mal…

Une nouvelle aube se lève, êtes-vous prête à affronter le bobo du jour? Il n’est pas des moindres, puisque bébé a la colique. Un nouveau bain très légèrement chaud peut le soulager. Avez-vous essayé de lui masser le ventre de façon circulaire? Mais aussi vérifié si l’élastique de tour de taille ne serre pas le nourrisson, car un simple inconfort peut l’indisposer? Vous pouvez aussi faire doucement pédaler ses petites jambes, allongé sur le dos, pour l’aider à sortir ses gaz. Mais ce qui a aussi une excellente réputation chez nos aînées, ce sont les coussins de noyaux de cerises, à appliquer légèrement chauffés sur le ventre de bébé. Ils emmagasinent la chaleur plus longtemps que les bouillottes remplies d’eau, et ne comportent aucun risque de brûlures. Vous les trouverez en ligne sur des sites spécialisés dans le bio ou le naturel.

Côté légumes, une feuille de chou vert cuite et refroidie posée sur son ventre le calmera sans doute. Une goutte d’eau de préparation d’eau bouillie avec des feuilles de menthe peut le soulager, ainsi que quelques gouttes d’eau sucrée bouillie également, mais pas plus de deux fois par jour. Si vous allaitez, buvez une tisane de fleurs de camomille, cela lui fera le plus grand bien. Et sinon? Respirez un bon coup, grand-mère vous a fait un bon café!

Et si ce sont ses dents qui lui en font baver

Ne vous mettez pas la rate au court-bouillon! Donnez-lui une banane ou un quartier de pomme congelé. Ce dessert glacé impromptu fera des merveilles. De même avec un biberon d’eau, que vous aurez commencé à congeler tétine vers le bas. Moins hygiénique, le fameux gant de toilette glacé quinze minutes au congélateur reste efficace. Autre classique : la carotte froide épluchée et la cuillère gelée. Plus facile à transporter, le bracelet en bois de noisetier, ou encore le bâtonnet en bois de guimauve, la racine d’iris ou de violette à mâcher sous surveillance, que vous retrouverez encore une fois en herboristerie. Vous pouvez aussi essayer de masser délicatement les gencives de bébé avec une goutte d’huile essentielle de camomille diluée dans une goutte d’huile de tournesol. Quant aux colliers d’ambre ou autre bois de noisetier, s’ils furent un temps très en vogue, ils sont de plus en plus décriés car ils auraient provoqué des accidents ces dix dernières années.

Un petit clin d’oeil au passage à nos grand-mères transalpines? Ce sont des croutes de parmesan qu’elles n’hésitaient pas à donner à grignoter à leur petit. Pas de quoi en faire tout un fromage! Et si tout ceci ne marche pas, foin de désespoir, il vous reste encore comme ressource les fameux petits biscuits que l’on trouve au supermarché.

Quand l’auguste fessier du divin enfant se met à rosir

C’est inévitable, avec les poussées dentaires, vous aurez sans doute à faire face à un érythème fessier. Là encore nos ainées ne manquent pas de ressources. Premier conseil : faites infuser des fleurs de camomille, car cette décoction est souveraine pour nettoyer bébé. Vous pouvez aussi utiliser du liniment oléo-calcaire, à base d’huile d’olive et d’eau de chaux, (j’ai testé, ça marche !) puis lui appliquer un cataplasme à base de patate crue mixée, ou des feuilles de laitues bien vertes que vous aurez fait bouillir (et refroidir !) cinq minutes. Savez-vous que nos grand-mères substituaient parfois au talc de la farine de maïs? Certaines s’inspiraient aussi de la médecine chinoise traditionnelle en glissant des larges sachets de thé aux vertus apaisantes dans les couches de bébé. Autant vous prévenir que les fesses de votre petit trésor en ressortiront légèrement teintées, c’est cela aussi le folklore des remèdes de nos aïeux!

Si vous baignez votre enfant, n’hésitez pas à rajouter à l’eau du bain un peu de bicarbonate de sodium que l’on utilise en pâtisserie. Il inhibe le calcaire de l’eau du bain qui sera ainsi plus douce à la peau sensible de votre petit. Autre version de bain bienfaiteur : celui aux flocons d’avoine, ou à la farine d’avoine, que vous aurez au choix éparpillés dans l’eau ou rassemblés dans une mousseline.

Retenez bien que l’avoine et les flocons d’avoine sont réputés pour soigner les affections cutanées depuis toujours. Si votre enfant a un jour la varicelle, ces bains le soulageront grandement, ainsi que ceux au bicarbonate de soude. Vous pourrez aussi appliquer des cataplasmes d’avoine ou de pâte de bicarbonate sur ses boutons pour calmer les démangeaisons. Et si votre petit souffre d’eczéma, lui donner un bain dans lequel vous aurez versé une décoction de feuilles de laurier. Ce n’est pas sorcier, n’est-ce pas?

Les maux de la fin

En faisant le tour du monde, on apprend que les grand-mères grecques appliquent du yaourt sur les coups de soleil, que les grand ‘mas américaines pour faire partir les croutes de lait massent le cuir chevelu de leurs bébés avec de l’huile… minérale. En Afrique, on passe la couche mouillée sur le visage de bébé afin de lui garantir un joli teint.

Attention, ne faites pas l’œuf! Ces remèdes ne mangent pas de pain et ne vous dispensent pas d’une visite chez le pédiatre! Il ne faudrait pas pousser mémé dans les orties tout de même… Quant à grand-père, s’il vous dit qu’il va rhabiller les gamins, ne soyez pas dupe. Cherchez bien… je suis sûre que vous avez deviné!