Vous êtes aussi nombreuses à redouter l’épisiotomie qu’à l’avoir subi lors de votre 1er accouchement. Les témoignages de mamans ayant vécu un vrai traumatisme post épisiotomie nous alertent sur la nécessité de rappeler que cet acte chirurgical non anodin peut être évoquer en amont avec l’équipe médicale mais aussi évité. Karima vous propose un tour de la question en quelques points (sans sutures) avec l’avis d’experts et des conseils pour vous préparer au mieux à votre accouchement.

Qu’est-ce-que l’épisiotomie ?

Pour beaucoup d’entre vous, avant de tomber enceinte vous ne saviez même pas l’origine de ce mot. A sa consonance il vous parait déjà un peu barbare, la réalité est tout aussi glauque. Reprenons simplement la définition de wikipedia :

« L’épisiotomie est un acte chirurgical consistant à ouvrir le périnée au moment de l’accouchement afin de laisser passer l’enfant. Cette incision a idéalement pour but de sectionner le muscle élévateur de l’anus. ».

Déjà ce qu’il faut retenir est l’acte chirurgical. Cela signifie que lors de votre accouchement, que vous avez imaginé naturel comme dans les films, un chirurgien peut sortir ses ciseaux pour vous inciser à l’endroit de votre intimité. Et que par conséquent, cette incision peut vous être bénéfique sur le moment (pour faciliter le passage selon certaines pratiques) mais qu’elle sera surtout indélébile à vie, vous laissant une cicatrice (le problème ne réside pas tant dans l’esthétisme à cet endroit que dans les complications éventuelles liées à la cicatrisation).

En France, on pratique généralement la technique de l’épisiotomie médio-latérale qui est une incision qui commence à la fourchette vulvaire pour s’incliner légèrement sur le côté, évitant ainsi la direction de l’anus (à la différence de l’épisiotomie médiane). L’une des dernières études en la matière délivrée par le CNGOF (Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français) indiquait qu’en 2003, l’épisitiomie serait pratiqué sur près de 68% des femmes primipares. Un chiffre très élevé !

Enfin dernier détail aussi ragoutant, une épisiotomie se qualifie en degré selon la longueur et profondeur de l’incision. Ainsi je connais des amies qui ont eu à peine un ou deux points de suture et une autre jusqu’à 15, allant jusqu’à l’anus… Aie aie aie !

Même si le chiffre reste très élevé en France, il tend tout de même à très sensiblement diminuer. Les cours de préparation à l’accouchement, la pleine conscience du périnée ou encore les techniques de préparation peuvent aider à éviter ce geste, qui reste tout de même ancestral : la première épisiotomie a été effectué en 1742 !

Pourquoi a-t-on si peur de l’épisiotomie ?

L’une des premières phobies autour de l’accouchement est le moment du « passage » du bébé lors de la délivrance. C’est vrai que lorsque qu’on regarde la tête d’un bébé on se demande comment diable va-t-il passer par en bas… Puis on vous dit « mais c’est la nature ne t’inquiète pas ton corps est fait pour ça ». Mouais, c’est tout de même très difficile à imaginer et encore moins d’être apaisée sur le sujet. Alors comme toutes les questions relatives à la grossesse, sachez mesdames que nous sommes inégales face à l’élasticité ou non de notre vagin et le risque d’épisiotomie est une donnée complètement impossible à anticiper anatomiquement parlant. Cela n’a rien à voir avec votre morphologie ou même la pratique de certains sports. Ce n’est pas parce que vous faites le grand écart que vous n’aurez pas d’épisiotomie, alors vous pouvez laisser tomber dès à présent vos échauffements d’assouplissement.

De même comme s’en amuse le Docteur Gonzague Mellerio, gynéco-obstétricien,

Inutile de vous entraîner tout à coup au « stop pipi », vous ne détendrez pas plus facilement votre périnée, mais contracterez uniquement le sphincter qui est propre à l’urètre.

L’épisiotomie est l’un de ces spectres latents suspendus à l’esprit des mamans enceintes, qui n’imaginent pas leur sexe lacéré du jour au lendemain. Leur peur, voire phobie, peut tout à fait être légitime, face aux complications éventuelles que cela peut impliquer, comme nous le rappelle Sabine Dugelay, masseur-kiné :

Quelque fois la cicatrisation d’une épisiotomie peut être longue et difficile. Les points de sutures peuvent être serrées et faire mal à un endroit en particulier. Pendant l’attente de la résorption des fils, la position assise ou le simple fait d’aller aux toilettes peuvent amener des sensations de brûlures. La cicatrice peut aussi s’infecter et être à vif pendant plusieurs jours. La perception de la douleur est aussi très inégale, pouvant être de 2 à 3 jours pour certaines femmes jusqu’à plusieurs semaines pour d’autres.

Vous l’aurez compris, contrairement à ce que l’on peut imaginer de ce geste médical maîtrisé et rendu commun, il n’en reste pas moins anodin. Notre kinésithérapeute nous explique tout de même :

C’est douloureux car il ne faut pas oublier qu’on coupe la peau, le muscle et la muqueuse du vagin, pour ensuite les recoudre !

Tout ça c’est dans le pire des cas… Mais sachez que ça existe. Une amie m’avait traumatisée lorsqu’elle m’avait avoué qu’elle avait eu mal pendant une année après son accouchement, la privant même de rapports sexuels. Comme quoi elle a raison Madame Foresti quand elle nous conseille de signer ce pacte de confidentialité, avec interdiction de donner les détails de notre accouchement !

Je vous l’accorde on se souvient bien plus des témoignages négatifs que positifs, et le nombre de jeunes mamans n’ayant pas vécu l’épisiotomie comme un traumatisme est plus élevé.

L’épisiotomie, un véritable tabou ?

Bien sûr vous avez tout à fait le droit de refuser une épisiotomie durant l’accouchement ou même dans votre projet de naissance, au même titre que le refus de la péridurale. Alors vous aurez droit à une déchirure naturelle qui sera plus ou moins profonde selon la nécessité. Même si cette idée de « déchirure » peut faire très peur, notre gynécologue rassure : « il vaut mieux une petite déchirure qu’une grande épisio ». D’ailleurs dans la plupart des cas, l’épisiotomie ne devrait même pas être utilisée, si la déchirure est peu profonde. Cette technique chirurgicale a surtout été inventée pour éviter les déchirures profondes du 3ème et 4ème degré.

Pour autant, Sabine Dugelay admet une chose extrêmement tabou :

Les praticiens n’accordent pas autant d’importance lors de l’accouchement au périnée car ce qui les importe c’est le bébé. Le recours à l’épisiotomie accélère aussi le travail en facilitant l’expulsion pour le bébé et la maman. Que vous ayez une déchirure ou une épisiotomie dépend surtout de la politique de l’interne qui sera en charge de votre accouchement ce jour-là. Beaucoup préfèrent recoudre une épisiotomie, le coup de ciseau est plus propre et net qu’une déchirure.

Un autre phénomène collatéral a fait augmenter de façon importante le nombre d’épisiotomie est le recours à la péridurale. En ne ressentant plus les contractions, les femmes sont plus passives lors de l’expulsion. Elles ne ressentent plus les poussées et les maîtrisent moins, ce qui induit des déchirures plus fréquentes. C’est aussi le discours pédagogique du Dr Bernadette De Gasquet qui conseille aux mamans de se préparer efficacement à l’accouchement en variant les positions d’accouchement et ainsi en étant plus active (cf. livre « trouver sa position d’accouchement » paru aux Editions Marabout Pratique en 2010). A ce propos, la position de l’accouchement est un élément fondamental, si ce n’est essentiel dans la prévention d’une déchirure ou d’une épisiotomie. Ainsi, la position dite gynécologique (sur le dos, jambes écartées face au spot lumineux) est très confortable pour… l’équipe médicale ! Mais absolument pas physiologique pour vous ou votre bébé. L’inclinaison est telle que le bébé ne pourra que forcer dans vos tissus internes et externes, provoquant des complications. Il n’est pas rare alors que le bébé ait des difficultés à sortir dans ce type de positions et que le recours à des instruments (forceps, ventouses…) soient nécessaires, augmentant inexorablement la possibilité d’une déchirure ou épisiotomie. C’est pour cela que le Dr Bernadette De Gasquet a nettement remis en cause cette position pour proposer tout un autre panel allant des postions durant le travail de contractions (type accroupie) jusqu’à l’expulsion (en position latérale par exemple).

Il vous est donc possible de remettre en cause cette technique invasive qu’est l’épisiotomie en reprenant possession de votre corps, et ce avant l’accouchement.

Quelles techniques pour éviter l’épisiotomie ?

La déchirure ou l’épisiotomie n’est pas une fatalité ! Vous avez la possibilité de mettre toutes vos chances de côté si vous vous y prenez suffisamment à l’avance.

Je me souviens d’une amie, qui ne jurait que par le tout bio et naturel, qui m’avait parlé de massages d’étirements du vagin. Avec une huile spécifique (une neutre comme l’huile d’amande ou huile spéciale massage du périnée), elle massait toute la zone du périnée, en s’aidant d’abord de sa sage-femme pour la gestuelle (qui consiste à étirer l’orifice entre ses doigts et faire glisser de haut en bas, de droit à gauche), puis de son chéri, ce qui promettait des jeux coquins (toujours appréciables avec les pics d’hormones). Ces massages doivent être fait généralement à partir du 8ème mois et pas avant pour ne pas provoquer de contractions. Durant l’accouchement, la même sage-femme qui la suivait, avait continué les massages en étirant les membranes pour faciliter manuellement le passage du bébé. Résultat : elle n’avait eu aucune déchirure, et me narguait avec son accouchement idyllique. Je ne saurai jamais en revanche si son accouchement a été facilité par des prédispositions naturellement élastiques de la zone, ou bien si ce travail de groupe a été vraiment efficace. Mais Dr. Mellerio reste sceptique :

Ces massages ne font que déplacer la fibre musculaire mais ne peuvent pas l’étirer.

Il encourage pour sa part les femmes à gagner en élasticité pour faciliter l’accouchement.

Et n’ayez crainte, ce n’est pas parce que votre périnée et vagin sont élastiques que vous serez moins étroites en particulier pour les rapports sexuels. Cette zone agit comme un élastique, vous pouvez la détendre, mais dès que vous ne la sollicitez plus, elle revient à son état initial.

Ce « monsieur périnée », que tout Paris s’arrache a diminué ces dernières années de moitié le recours à l’épisiotomie depuis 2008. Alors quel est son secret ? EPI-NO, le premier accessoire d’exercice pour la musculation du plancher pelvien ! Une révolution selon lui qui doit absolument être démocratisé et en finir avec des pratiques invasives qui traumatisent les femmes.

EPI-NO, la lutte active contre l’épisiotomie

Comme son nom l’indique EPI-NO est un accessoire qui va vous permettre d’éviter un maximum l’épisiotomie ou les déchirures en suivant une préparation assidue durant la grossesse à partir du 7ème mois. Il s’agit d’un accessoire d’exercice pour la musculation du plancher pelvien, utilisé d’abord par un praticien pour comprendre son fonctionnement mais que vous pourrez pratiquer à la maison, en toute autonomie. Un point extrêmement important pour celles qui refusent les contraintes des rendez-vous médicaux. De plus cet appareil conçu et fabriqué en Allemagne est un excellent investissement (il faut compter 129,90 euros) puisque vous pourrez aussi l’utiliser après l’accouchement pour retrouver une tonicité musculaire, un excellent complément à la rééducation du périnée.

Comment ça marche ?

  • Le principe est basé sur une technique ancestrale africaine qui consiste, encore aujourd’hui, à étirer et renforcer la zone périnéale à l’aide de courges calebasses. Ces dernières ont été remplacées par un ballon en silicone souple et gonflable tout simplement.
  • Il s’agit alors d’insérer ce ballon dans votre vagin et à l’aide d’une pompe manuelle d’exercer des pressions à différentes intensités pour étirer progressivement les tissus. Au fur et à mesure des utilisations, le diamètre recherché sera de plus en plus large, allant jusqu’à la tête d’un bébé au bout de quelques semaines. Une machine particulièrement intéressante pour le Dr. Mellerio puisque « les femmes peuvent juger elles-mêmes de la pression et la moduler à leur guise, ce qui les rends actives de leur préparation. Le fait de s’intéresser à cette zone et de la travailler annonce déjà une diminution des risques d’épisiotomie. »
  • Plus les muscles seront forts et donc élastiques, et plus la valeur de la contraction exercée sur le ballon sera élevée. La pression indiquée sur la jauge contrôle la performance et indique que l’exercice est correct, c’est ce qu’on appelle le « bio feedback ».

A raison d’un fois par semaine dès le 6ème mois puis chaque jour au milieu du 7ème mois, une dizaine de minutes et déjà vous sentirez la différence. Selon Sabine Dugelay,

Plus de 90% de ses patientes qui utilisent la méthode n’ont pas d’épisiotomie même lors d’un premier accouchement !

Un produit qui gagne à être connu et démocratisé pour le confort de toutes les femmes !

Psychologiquement cette démarche active permet aussi de mieux se préparer à la naissance et d’être plus active dans son accouchement. Trois mamans de la communauté ont eu la possibilité de tester l’appareil pendant leur grossesse et deux d’entre elles partagent avec nous leur expérience détaillée de l’utilisation d’EPI NO Delphine Plus. Découvrez dès maintenant leur avis sur cette méthode !

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Vous pouvez retrouver l’appareil EPI NO Delphine Plus en vente sur notre Boutique, avec bien des astuces sur son utilisation.

 Crédit photo : Bernard Audrey Photographie